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| | le hasard fait les choses, qu'elles soient bien ou mal - staff | |
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| Auteur | Message |
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Invité California Dreamin' • • • •
 | Sujet: le hasard fait les choses, qu'elles soient bien ou mal - staff Sam 24 Juil - 23:15 | |
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 | Sujet: Re: le hasard fait les choses, qu'elles soient bien ou mal - staff Sam 24 Juil - 23:35 | |
| On prend tous un train. Une fois dans notre vie. Peu importe où ça nous mènera. Mais quelles étaient les probabilités que toutes ces personnes, issues de la même université mais n'ayant pourtant pour la plupart aucun point commun, se retrouvent dans le même train et surtout coincés dans la même situation, ensemble ? Un zéro, et des chiffres décimaux. Nelligan était assis sur sa petite valise, au beau milieu de ce quai de la gare, en train d'attendre que Bijoue revienne de la salle de bain. Ils avaient décidés de commencer leur roadtrip à travers les États-Unis en train, et ils se loueraient une voiture à quelque part, dans un autre État. Peu leur importait en fait, tant et autant qu'ils voyaient le pays et profitaient de leur dernier mois de vacances. La jolie blondinette revint enfin du petit coin, et il se leva juste au moment où elle arrivait à sa hauteur. Nelligan à Bijoue - Prête ? Tu n'as rien oublié ? Elle secoua la tête avec un petit sourire. Nelligan prit donc sa valise ainsi que l'une du tas de Bijoue, et embarqua dans leur wagon du train. Il avait bien hâte de visiter les lieux, lui qui n'avait jamais pris le train de toute sa vie. Il était comme un petit enfant qui apprend à pédaler. Le président des Alpha, suivi de très près de sa consoeur, se rendit jusqu'à leur cabine. Ils en avaient pris une ensemble, question d'économiser le plus d'argent possible sur le voyage. Le jeune homma poussa la porte coulissante. Nelligan à Bijoue- Eh bien, c'est une cabine de luxe quand même ! Il rigola en posant leurs valises dans le fond d'une banquette. Nelligan avait toujours aimé voyager, malheureusement l'argent lui manquait bien souvent, alors il devait toujours se contenter du minimum. C'est pourquoi vous comprendrez bien que sa remarque fut ironique, puisque leur cabine était une cabine bien normale, de gens normaux. Ils discutèrent en se promenant dans le train, découvrant le petit salon et le restaurant, et quand le feu vert fut lancé pour le commencement du trajet, ils retournèrent à leur cabine. Le jeune homme, après une bonne heure de discussion avec Bijoue, s'endormit presque en même temps qu'elle. Environ une heure et trente minutes plus tard, un lourd bruit les réveilla en sursaut. Cela provenait de l'extérieur. Nelligan regarda par la fenêtre. Nelligan à Bijoue- On s'est arrêté. Il se passe quoi ? Il regarda à droite et à gauche, et aucune gare à l'horizon ; ils n'embarquaient donc pas d'autres passagers. Au contraire, ils semblaient être dans le désert californien, où la chaleur pouvait s'avérer mortelle. Nelligan fronça les sourcils. Nelligan à Bijoue- Je vais aller voir ce qu'il y a. L'Alpha sortit de la cabine et se retrouva dans le couloir, ou un bon nombre des autres passagers s'étaient retrouvés pour comprendre les raisons de cet arrêt. Il croisa le regard d'un grand brun au look ténébreux. Nelligan à Benjamin - T'as une idée de ce qu'il se passe ?
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 | Sujet: Re: le hasard fait les choses, qu'elles soient bien ou mal - staff Mar 27 Juil - 12:18 | |
| Faire semblant de tout. Sourire pour montrer aux autres que nous aussi, on connait une foutue existence heureuse… Comme si on y croyait, l’espace d’une poignée de secondes. Et pourtant il y avait réellement cru, un jour. Le douloureux souvenir de cette escapade dans la capitale française lui fit tourner de l’œil. Une main posée sur l’arrête de son nez, Benjamin déposa dans un mouvement nonchalant du bras le sac qu’il portait. Depuis combien de temps se baladait-il ainsi, la peau blafarde et le regard blême. Un peu plus maigre qu’avant peut-être, et les gestes plus lents, il se laissait entraîner dans l’étreinte que la mort lui offrait. Au fond, ce cancer avait du bon. Un délicieux sourire vint étirer les lèvres de l’étudiant alors qu’il se laissait tomber sur son siège, tempe posée contre la vitre fraîche du train. Machinalement, son regard se porta sur sa précieuse amie. Le seul et unique rayon qui continuait d’illuminer son chemin. Ambrae. Installé à ses côtés, il posa docilement son visage contre son épaule avant de laisser ses yeux grouiller sur le ventre de la jeune femme. Et voilà qu’elle aussi attendait un petit ange ; une pensée qui arracha un frisson de douleur à l’ancien fiancé. Il grimaça silencieusement avant de se redresser. Combien de fois avait-il tenté de la convaincre de garder l’enfant ? Sur ce point malheureusement, la future mère se dévoilait être aussi têtue qu’Esthell. Un soupire s’échappa de ses lèvres alors qu’il portait une main amicale jusqu’à l’une de ses mèches de cheveux. Benjamin – « Je suis sûr qu’après ces vacances tu auras changé d’avis. Tu verras. »
Et, reposant le front contre cette vitre, il adressa à sa jeune amie un léger sourire amusé. Comme si soudainement le doute s’était envolé de ses prunelles. Quelques secondes plus tard, il fermait les yeux. Dormir ? Rêver ? A quoi bon. Seulement… Être bercé par le balancement monotone d’un train… Cela avait du bon. Entendre les murmures de quelques bavards… Ecouter les conversations d’autrui… Quel insolite bonhomme. A croire que le pécher était devenu son plus précieux passe-temps. Et puis, les minutes défilant, c’est un bruissement strident de freins qui l’alerta brusquement. Le regard flou et encore endormi, Benjamin guetta l’espace de quelques secondes les alentours. Ambrae paraissait au moins être tout aussi surprise que lui… Et que tous les autres passagers. Posant une main sur l’épaule de la jeune femme, le thêta se redressa en lui glissant à voix basse : Benjamin – « Je vais faire un tour…. »
Avec un léger clin d’œil, il s’éloigna. S’enfonçant à travers la foule d’adolescents qui se précipitaient en direction des responsables du train pour les questionner. Pitoyable. Sortant une cigarette qu’il s’empressa d’allumer, le voilà qui parcourait les wagons. Et puis, sans qu’il n’eût vraiment le temps de réaliser, une voix se fit entendre à ses côtés. Posant son attention sur un garçon à ses côtés, Benjamin resta de marbre. Nelligan – « T’as une idée de ce qu’il se passe ? »
Il fallu plusieurs secondes au garçon avant de cerner correctement les dires qu’on lui adressait. Ce qu’il se passe ? Il arqua un sourcil en levant les yeux au ciel. Rictus gravé au beau milieu de son visage endormi, il déposa une main ‘amicale’ sur l’épaule de celui qu’il identifia comme étant un type de son université. Benjamin – « J’ai la tête du type qui a l’air de savoir ce qu’il se passe ? » Il pinça les lèvres, retirant sa main pour jeter le mégot de cigarette qui pendait au bord de sa bouche. « J’en ai pas l’impression, et j’en ai sincèrement rien à foutre de c’qui peut se passer. Après tu peux aller poser la question aux gentils bonshommes qui portent des tenues plus ‘officielles’ et qui paniquent certainement en voyant qu’on est tombé en pleine panne au beau milieu du désert. Qui sait, on va ptètre bien mourir ?! »
Si ce type avec le don pour foutre la panique ? Possible. En tout cas, sa capacité à taquiner le monde s'était éveillée. Qu’était devenu l’ange d’autrefois ? Disparu. Consumé. Il semblait être resté sur place, dans cette église. Et son âme paraissait avoir imité la chose. Mais à quoi bon… Cela n’avait plus réellement d’importance aujourd’hui. Laissant son reste de cigarette s’écraser au sol, il l’écrasa négligemment du bout du pied en haussant les deux épaules. Aucun sourire ne se dessinait sur ses traits. Il ignora complètement son camarade. Adressant un coup d’œil aux quelques visages se trouvant dans ce même couloir, Benjamin grimaça. Bon sang, c’est que tout Berkeley s’était donné rendez-vous ou quoi ? C’était bien sa veine… Se passant une main sur le visage, le thêta ne s’attarda guère plus longtemps en ces lieux. Etouffant une nouvelle douleur au thorax, il s’engouffra tout simplement dans l’allée des voyageurs – ne manquant tout naturellement pas d’en bousculer quelques uns -. Un peu d’air, c’est qu’il commençait à faire sérieusement chaud là-dedans. Baaaah. Au moins s’il crevait dans ce désert, ça pourrait être plutôt sympa. Bonjour les lézards qui viendraient le grignoter… Pensée répugnante qui toutefois lui arracha un sourire amusé. Ô tout puissant bar. Et qui plus est, sans aucune surveillance… A croire que le barman s’était sauvé pour aller retrouver ses petits camarades. Une aubaine pour les alcooliques. Et Benjamin ne se fit pas prier. Ne portant même pas attention au peu de monde l’entourant, il se servit. Et un verre de whisky pour entamer l’apéro. Une façon comme une autre de passer le temps en attendant qu’on redémarre. Pianotant sur son portable, le voilà qui envoyait un texto à sa jeune amie, lui indiquant où il se trouvait. Cigarette dans une main, verre dans l’autre ; elle attendait quoi la grande faucheuse bon sang ? De se faire désirer apparemment…
Dernière édition par Benjamin T. Vilammée le Ven 6 Aoû - 13:49, édité 1 fois |
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 | Sujet: Re: le hasard fait les choses, qu'elles soient bien ou mal - staff Mar 27 Juil - 17:22 | |
| J’ai faim. Mon ventre cri famine depuis des jours. Et moi, je ne fais rien pour apaiser cette douleur qui grimpe dans mon ventre. Je m’auto-digère, je m’autodétruis sans trop en avoir conscience. J’ai faim. Tellement faim. Un dernier regard sur la gare de la Californie et nous voilà enfin embarquer dans ce train. Peut importe l’endroit que la route nous mènera je sais pertinemment que je me sentirais mieux que n’importe où ici. Cette ville qui me rappelle trop de mauvais souvenir. De mauvais, comme de bons. Anton…. Son visage me manque. Je n’aurais pas dû lui dire que je partais avec Benjamin. Il va s’en faire pour moi. Il va se ronger durant mon absence, quitte à se laisser mourir petit à petit. Et même si je m’en veux de l’avoir abandonner pour un petit moment, mon cœur sait que c’était la seule chose à faire. Benjamin m’apaise. Benjamin a besoin de moi, comme j’ai besoin de lui. Nous sommes essentiel l’un à l’autre, surtout en ce moment. Je regardais toutes les cabines avant de rejoindre la notre. Elles se ressemblaient toutes, comme les jeunes de nos jours. Mais, je savais très bien qu’à l’intérieure elles étaient toutes différentes. Les gens qui les habitaient, les bagages qui les ornissaient, les actions qui y étaient posées, les paroles qui y étaient dites… Je divague, maintenant, la folie s’empare de moi. Assise enfin dans notre cabine, j’ouvris mon bagage à main et en ressortis un barre protéiné à l’avoine. J’étais forcée à prendre ce genre de chose, selon plusieurs personnes, pour aller mieux. Et, même si cela avait un gout immonde, c’était la seule chose que je pouvais avaler. Mon estomac refusait de prendre et de garder en lui des aliments solides. Je rêvais d’un bon steak, un filet mignon avec de la purée de pomme de terre. La tête de Benjamin vient se poser doucement contre mon épaule tant que je terminant la barre qui remplit un peu mon ventre réclamant d’autre nourriture.
. BENJAMIN ♦ « Je suis sûr qu’après ces vacances tu auras changé d’avis. Tu verras. » . AMBRAE ♦ « C’est ce qu’ont verras Benjamin... tu sais que ce n’est pas que ma propre décision, non plus.. »
Il releva sa tête pour la reposer sur la fenêtre de la cabine. Ses yeux cherchaient désespérément le sommeil. Il était mort de la vie. Faible. Le voir ainsi me perçait le cœur. J’essayais tout ce que je pouvais pour lui rendre un petit sourire. Quand seulement j’y parvenais, je le serrais dans es bras. Je n’espérais que ses sourires durs pour l’éternité. Il ferma ses yeux pour se laisser bercer par le mouvement du train. Je profitais de sa recherche du pays des rêves pour lui chantonner de douces berceuses que j’avais entendu durant mon absence, caressant d’un main ses cheveux doré au soleil. C’est lorsqu’un bruit déchirant venant des railles retentit que je stoppais automatiquement les caresses que j’exécutais. Je levai mon corps qui était mou contre mon siège et me redressai pour regarder par la fenêtre. Rien. Nous s’avancions plus d’un cm. Je regardais Benjamin surprise, sans trop savoir quoi faire. Il m’annonça aussitôt qu’il s’éclipsait pour quelques secondes. J’hochai en souriant. J’étais maintenant seule. Écouter mon âme, mes pensés et mes voies intérieures m’effrayait. Je préférais tendre mon oreille pour écouter les autres que m’attarder sur moi-même. La porte de la cabine semi ouverte, j’entendais tous les commérages du couloir. Certains étaient énervés, d’autres morts de trouille. Et moi ? Sereine, étrangement. Au milieu des discussions, je reconnus la voie de Nelligan, un ami. Ami que je n’avais pas revu depuis notre voyage à Londres… Nelligan s’adressant à Benjamin, suivit d’une voie inconnue à mes oreilles…
. NELLIGAN ♦ « T’as une idée de ce qu’il se passe ? » . BENJAMIN ♦ « J’ai la tête du type qui a l’air de savoir ce qu’il se passe ? » Silence « J’en ai pas l’impression, et j’en ai sincèrement rien à foutre de c’qui peut se passer. Après tu peux aller poser la question aux gentils bonshommes qui portent des tenues plus ‘officielles’ et qui paniquent certainement en voyant qu’on est tombé en pleine panne au beau milieu du désert. Qui sait, on va ptètre bien mourir ?! » . BIJOUE ♦ « Hé oh, calmes-toi ! Il ne t’a rien fait Nelligan ! »
Elle n’aurait pas dû dire ça. Benjamin devait bouillonner au fond de lui. Je me levai de mon siège pour regarder la scène. La blondasse ne semblait pas avoir peur de lui. Benjamin qu’en à lui, poursuivit sa route. Je ne pouvais le laisser comme ça, après tout j’étais son amie, je devais l’aider. Je sorti de la cabine, affichant un sourire léger à Nelligan et sa compagne. Je sentais que tout ceci ne menait nulle part. Je continuai ma course, essayant de retrouver mon confident. Où pouvait-il bien être. Je croyais avoir quitté Berkeley, mais autour de moi se trouvait tous ses visages si familier. Je ne pouvais les affronter. Les rumeurs de ma grossesse étaient peut-être déjà arrivées à leurs oreilles. J’étais effrayée d’oser les regarder. Je m’enfuis de leurs regards persans, me rappelant que j’essayais de retrouver un être. Mon portable vibra dans ma poche, je le sorti et souris à la vu de ce message.
Il était là, devant le bar. À siroter ce qui ressemblait de la place où je me trouvais à un whisky. Je m’approchais de lui, passant amicalement une main dans son dos. Il s’était donc servi seul, sacré Benjamin ! Je souris, prenant possession d’un verre de n’importe quoi et le regardai dans les yeux. J’avais besoin de boire, moi aussi.
. AMBRAE ♦ « Tu veux m’en parler un peu de ton calvaire ? Je t’en pris… » |
|  | | California Dreamin' • • • • ⊰ sexe :  ⊰ on m'appelle : brittany ⊰ commencement le : 16/04/2008 ⊰ date de naissance : 25/05/1989 ⊰ âge : 22 ⊰ messages : 51562 ⊰ topic : coming soon ⊰ âge : nineteen ⊰ profession : stagiaire | san francisco general hospital ⊰ étude : médecine | gynécologie.obstétrique ⊰ avatar : mischa barton
 | Sujet: Re: le hasard fait les choses, qu'elles soient bien ou mal - staff Mer 28 Juil - 1:15 | |
| Musique dans les oreilles, le cœur lourd, je haisais la solitude, elle ne nous mène à rien. Mes yeux vides et creux, observent le défilé du paysage californien par la fenêtre. La faible couleur du soleil flamboyant illuminait quelque chose en moi qui s'était éteint l'espace d'une seconde. En ce moment, et comme la plupart du temps, je n'allais pas bien et je n'essayais en aucun cas de me prouver le contraire. J'avais l'esprit ailleurs, tourmenté par la culpabilité qui rongeait mon être. Une larme vagabonde sur ma joue, effacée l'instant suivant par le bout de mes doigts. Au-delà des mots, certaines choses resteront gravés à jamais. Reproduisant de la buée sur la vitre, j'y inscrivais les mêmes les lettres qu'il avait lui même écrit ce soir-là. Ces quatre petites lettres qui dorénavant faisaient chavirer mon cœur. « LOVE » Un triste sourire parcourt mes lèvres, alors que mes yeux fixent ses lettres qui disparaissent au fil du temps. Comme ces sentiments qui sont censés s'en aller progressivement. Autant de preuves, autant de souvenirs montrent qu'il s'était réellement passé quelque chose entre nous. Quand pour la première fois, j'ai laissé quelqu'un rentré dans ma vie. Et lorsqu'à son tour, il m'a laissé rentrer dans la sienne. J'ai lutté longtemps pour ne pas chuter, pour ne pas m'éteindre devant lui. Tomber amoureuse n'aura jamais aussi bien porté son nom. Je n'ai pas le droit de tomber. Parce que si un jour je le fais, personne ne me rattrapera. Et ce jour-là, je ne reviendrais plus. Alors, je dois aller de l'avant. Redevenir l'ancienne Esthell, celle qui a trop souvent peur d'aimer et qui refuse d'ouvrir son cœur. Tirer un trait sur ce qu'était mon existence depuis ces vingt-une dernières années. Cela veut dire aussi, l'effacer, l'oublier pour qu'il ne compose plus que mon passé. Ce sera dur, ce sera long. Mais tout le monde passe par-là n'est-ce pas ? C'est dans ce train que je dis adieu à cette vie, que je lui dis adieu. Une vie faîtes de misères, et de regrets mais surtout d'amour. Une vie à se laisser brûler, à se laisser mourir. Une vie à se faire désirer, quite à en souffrir. Une vie à fuir, toujours, sans relâche. Une vie à ne pas vouloir admettre ce que je savais pourtant ; j'avais irrévocablement besoin d'aimer quelqu'un aussi fort que je n'ai jamais su m'aimer moi-même. Besoin de bras pour me rassurer. Besoin de lui pour me protéger. Hélas, tout ça n'est plus qu'un puzzle ancien, remplie de photos jaunies par les jours passés. Et pourtant, le temps d'un battement de cils, je voyais l'ombre de son visage à l'endroit même où apparaissaient quelques minutes plus tôt, les quatre lettres. Et si je m'en sortais ?
Des bruits sourds, des écho de voix inquiètes. Le train ne bougeait plus, immobile. Tout comme moi, les bras autour de mes genoux pliés. Les gens aux alentours se précipitaient, ignorants. Je ne faisais pas partie de l'un d'entre eux. Parce qu'évidement, je ne suis pas comme eux. Je restais là, assise, l'air innocent. Je profitais de cet instant pour me plonger dans un certain souvenir ; cette soirée à Paris, le jour oû je l'ai quitté. Cette soirée-là où j'ai recommencé à être celle que j'avais abandonné.
« Je m'étais perdu dans cette nuit parisienne. Sans endroit où aller. Sans endroit où dormir. Sans endroit où pleurer. Et puis, je suis tombée sur ce type. Je comprenais pas ce qu'il me disait, mais je savais déjà ce qu'il attendait de moi. J'ai levé mon verre ce soir-là, la vision trouble et ses mains étrangères caressant mon bras. J'ai fêté ça : le jour où j'ai foutu ma vie en l'air. Ça vaut le coup de s'en souvenir. Parce que ça me fait mal, c'est la seule chose que je mérite. Fêter tellement longtemps pour avoir le sentiment d'exister le temps d'une soirée. Il a pris ma main, on a danser. Les erreurs ont défilés, tour à tour, pour m'emporter. J'ai goûté à ses baisers, si différents de ceux qu'il me donnait. Un mélange de jouissance et de vide se mêle en moi. Ma raison me crie d'arrêter : ce n'est pas lui qui me le fera oublier. Mais il est si près, et lui si loin désormais. Blottie contre son corps chaud, la lame du chagrin continue sa trajectoire, sans jamais s'arrêter. Et je ne voulais qu'une chose, l'atténuer pour qu'elle ne dévore plus mon âme. Alors je m'éteins, dévastée par le goût de ses lèvres. ' Va-y, je suis à toi. Prends-tout. J'en est plus besoin. Te gêner pas. Prends-moi dans tes bras, je ferais comme si c'était lui. Embrasse-moi, et serre moi fort. Mon cœur est fragile, mais plus personne ne le veut. Alors détruit-le aussi. Tu n'as pas son odeur, ni son regard. Ça fait rien. Parce que si je venais à disparaître de ce putain de monde, je ne manquerais à personne.' Ce soir-là, je n'ai pas perdu que l'amour. J'ai perdu l'espoir. Aimer à en crever nous apporte toujours une épuisante souffrance. Et puis, l'amour et la mort n'ont que deux lettres de différences. Je ne crois pas au hasard.
Allongée sur le lit, je le regarde. Il me sourit. C'est alors que je le vis. Lui et son visage. Lui et son regard; Mais ce n'était qu'une terrible illusion que l'on m'infligeait pour me punir. La chambre d'hôtel était plongée dans l'obscurité. Le cœur triste, je me levais aspirée par de vagues souvenirs malgré ma main qu'il tenait très fort dans la sienne. Il me suivait toujours du regard, tandis que je ramassais mes affaires. « Reste » murmura t-il. Un long silence. Et puis, j'ai secoué la tête. Après mettre rhabiller en vitesse, j'ai déposé mes lèvres une dernière fois sur les siennes. J'ai fini par m'éloigner de lui. De tout. De cette folie que je parcoure en quête d'une chose introuvable. De ce désir d'être celle que j'étais avant d'être amoureuse. Et plus particulièrement, de cet homme qui lui ressemblait tant. »Si le paradis vient à nous lorsque nous mourrons, devons-nous vivre l'enfer sur Terre ? Ce n'est pas un fait. C'est réel. »
Éveillé de toutes pensées, je m'évadais dans une foule d'une jeunesse désabusée qui se baladaient dans tous les sens. Je ne cherchais rien, si ce n'est me perdre avec ces gens si semblables de l'extérieur. Pourquoi est-ce que certains visages m'étaient familiers ? C'était vraiment étrange. Je ne bougeais pas. Les gens m'écrasaient, me bousculaient, comme si … je n'existais pas. La porte du paradis, ou celle de l'enfer. Un peu les deux apparemment. Je ne sais comment je me suis retrouvée près d'un bar. Et avant que je n'ai pu comprendre quoi que ce soit, je l'ai vu. C'était pas comme sur la vitre, ou sur le visage d'un inconnu. Je l'ai vu. Mais de toute façon, je n'allais pas rester là. J'allais partir, m'effacer .. et l'oublier. Partir, m'effacer, l'oublier. Alors pourquoi mon corps s'avançait vers lui alors que mon cœur désirait le contraire ? • • • • • • • • • • • •  YOU'RE BURNING UP FOR ME, THAT'S A FACT; ◗ Moi j'ai tombé, j'ai tombé la chemise. La tête en bas, c'était pas des paroles en l'air oh ! ❝. Dirty babe, you see these shackles I'm your slave. I let you whip me if I misbehave. It's just that no one makes me feel this way. Come here girl, come to the back VIP, drinks on me. Let me see what you're workin with, look at those hips. You makes me smile, go ahead child and get your sexy on. I'm bringin sexy back them motherfuckers don't know how to act. Girl let me make-up for the thinks you're right ❞. TADAAM ! |
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 | Sujet: Re: le hasard fait les choses, qu'elles soient bien ou mal - staff Dim 1 Aoû - 21:25 | |
| Un train. Un maudit train censé l’emmener loin de l’université durant quelques jours. Et lui offrir un semblant de possibilité de profiter de quelques vacances méritées. C’était dans cette optique que la présidente des Sigmas avait accepté la proposition d’un ami de se rendre chez lui, dans sa maison, accompagnée de son bébé. Il n’habitait pas si loin que cela, et prendre la voiture eût été une solution tout aussi acceptable. Mais la perspective de conduire plusieurs heures tout en s’occupant de son nouveau-né n’étant pas particulièrement alléchante, elle avait préféré réserver un billet de train et se laisser porter par le mouvement des wagons. C’est lourdement chargée qu’elle fit son entrée dans le train déjà bondé. Tentant de se frayer un chemin par des coups d’épaules, ses mains déjà occupées par le couffin et la valise l’en empêchant, elle finit par trouver, par un coup de chance, sa cabine. Un rapide coup d’œil lui permit de constater qu’elle était seule, du moins, pour l’instant. Cette perspective rassura Evan, qui tenta de s’installer le plus confortablement possible sur des banquettes un peu trop dures à son goût. Elle posa délicatement le couffin à côté d’elle et observa Andrea, déjà paisiblement endormi. Elle aurait aimé pouvoir elle-même s’endormir avec cette facilité déconcertante propre aux nouveaux nés. Malheureusement, son nouveau rôle de mère n’était pas particulièrement compatible avec un sommeil paisible et épanouissant.
Evan put sentir les vibrations du train, signe que celui-ci venait de se mettre en marche, l’emmenant vers de nouvelles aventures, du moins l’espérait-elle. La jeune femme continuait d’observer son bébé, elle ne s’en lassait pas. Elle avait l’impression de pouvoir faire cela sans discontinuer, l’observer s’agiter dans son sommeil, faire quelques petits sourires, bouger ses mains si petites. Elle se savait un peu ridicule de se comporter de la sorte mais c’était plus fort qu’elle : Andrea était à croquer, définitivement. S’arrachant avec difficulté à sa contemplation, elle sortit son portable de son sac. Aucun sms. En temps normal elle ne se serait pas préoccupée de cela mais elle aurait malgré tout apprécié recevoir un message de William, au moins pour lui souhaiter un bon voyage. Cependant, elle ne pouvait pas le lui reprocher, il ne devait pas avoir beaucoup de temps pour lui, assurer la promotion de son nouveau film n’était pas de tout repos. La Sigma n’avait pas eu l’occasion de le voir beaucoup depuis la naissance de leur enfant, William se révélant être un peu trop occupé. Malgré tout, il lui donnait fréquemment de ses nouvelles, l’appelant, lui envoyant des messages, des mails. Ils tentaient tant bien que mal de maintenir la barque de leur couple à flots et malheureusement, elle devait bien admettre que la tâche était plus ardue qu’elle ne pensait.
La jeune femme fut tirée de ses pensées par un brusque coup de frein. Evan se leva pour observer par la fenêtre le pourquoi du comment. Le train venait de s’arrêter au beau milieu de nulle part, ou si, au beau milieu du désert Californien. Et merde, pensa-t-elle. La secousse venait de réveiller Andrea, qui hurlait maintenant à pleins poumons. La Sigma le sortit de son couffin, tentant vainement de le calmer, et, tout en le portant dans ses bras, sortit de sa cabine pour essayer d’en savoir plus. Dans le couloir étroit, il lui sembla que tout le monde avait eu la même idée et des têtes incrédules dépassaient des portes, tentant également de se renseigner sur le pourquoi du comment. Personne ne semblait avoir d’explications si ce n’était que le train était apparemment tombé en panne. Plus chanceuse que moi, tu meurs !. Et Andrea qui n’arrivait pas à se calmer et continuait à hurler et pleurer. Chut mon chéri, rendors-toi, ce n’est pas grave, chut, calme mon trésor, calme…. Malgré ses mots d’apaisement, rien ne semblait y faire, il continuait à pleurer. Ne sachant plus quoi faire, Evan prit la direction du bar, peut-être y trouverait-elle quelque chose susceptible de le calmer, et éventuellement un remontant capable de la calmer elle. Tout en le berçant, elle entra dans le wagon-restaurant, apparemment déserté par le barman. En tournant la tête, elle aperçut des personnes qu’elle connaissait, et qu’elle aurait largement préféré ne pas rencontrer ici, à croire que la chance l’avait réellement abandonnée…Alors même que son regard se posait sur Benjamin, sa petite amie venait également de faire son entrée. Génial, Esthell, manquait plus que ça…. Oui, tomber sur une personne que l’on déteste, dans un train en panne, était quelque chose d’assez peu anodin, et typiquement le genre de choses qui pouvait lui arriver. En temps normal, elle aurait peut-être adressé à Benjamin un signe de tête mais en l’occurrence, elle préférait s’abstenir si elle voulait éviter un meurtre dans le train. Malheureusement, Noah pleurant toujours, elle ne put vraiment faire une entrée « discrète ». Tentant de ne regarder personne sinon le bar, elle avança, à la recherche de quelque chose qui pourrait distraire le bébé quelques minutes. Evan Paige Callaway était définitivement une fille maudite.
Dernière édition par Evan P. Callaway le Mar 3 Aoû - 23:18, édité 1 fois |
|  | | Invité California Dreamin' • • • •
 | Sujet: Re: le hasard fait les choses, qu'elles soient bien ou mal - staff Mar 3 Aoû - 20:15 | |
| Qu’est-ce que je fichais dans ce train moi ? Jamais j’aurais cru un jour que j’accepterais de retourner chez moi, enfin plutôt là où les personnes qui se croyaient ma famille vivaient. Pourtant, j’étais bien en route pour la Floride, et par je ne sais quel malheur, j’avais dégotté un train datant de la dernière guerre. Les cabines étaient minuscules, les sièges inconfortables et la poussière ne devait pas avoir été faite depuis l’an 0. En fait, je ne trouvais aucune qualité à cet engin, à part que ça me permettait de me déplacer sans avoir à prendre ma voiture et sans devoir trop débourser. Mais si j’avais su, j’aurais volontiers attendu encore quelques jours pour prendre un train décent. Bon, rectification, je n’aurais pas eu le temps d’attendre quelques jours. Ma mère était atteinte d’un cancer, j’avais donc le devoir de lui rendre une dernière visite, même si j’aurais mille fois préféré que le courrier m’annonçant sa maladie s’égare en chemin et que j’apprenne sa mort, genre, trois ans plus tard ? Je n’aurais pas eu de confrontations pénibles avec des personnes que je déteste et on m’aurait épargnée la partie « je t’ai toujours aimée ma fille, pardonne moi pour tout le mal que je t’ai fait ». J’appréhendais ces mots, parce que je savais qu’il me fallait les accepter, et dire le fameux « je te pardonne » pour être tranquille. Je ne prévoyais pas de rester plus de trois jours sur place. Ca me coutait déjà assez de me rendre chez eux, et je refusais catégoriquement de dormir là-bas. Mon hôtel était déjà réservé, et c’était bien la première fois que j’étais heureuse de ne pas pouvoir annuler. Rien que le fait de me retrouver dans la même pièce que ma famille me donnait la nausée, j’allais devoir faire un gros travail sur moi-même pour rester correcte.
Je regardais le paysage du Nevada, c’est-à-dire le désert, le désert, un cactus, le désert et encore le désert, défilé à travers la vitre du wagon où je me trouvais. J’avais entendu des voix s’élevait par ci par là, mais pour l’instant je ne m’étais pas encore promener. Soudain, un soif me prit à la gorge. J’avais besoin d’un remontant, même s’il était encore tôt et que je ne devrais pas boire d’alcool en sachant qu’il fait plus de 40° au dehors. Je n’en avais plus rien à faire en fait. Au bar, je commandais un de ces cocktails facile à boire et qui faisait rapidement tourner la tête. Je m’en enfilais deux d’affilée quand le train s’arrêta brusquement. Je crus d’abord que c’était une impression du à l’alcool que je venais de boire, mais quand je regardais autour de moi, tous les passagers avaient ce regard étonné et parfois inquiété. Des gens commençaient à affluer, et je reconnus des élèves de Berkeley. Bravo, c’était bien ma veine, je croisais des étudiants même dans un train pourri, arrêté dans le Nevada en plein été. Et puis quoi ? Johnny Depp allait débarquer et me demander en mariage aussi ? Une femme arriva avec un bébé braillard dans les bras, un nouveau né vu sa taille. Je n’eus pas de mal à reconnaître la fille, encore une étudiante. Je me levais de mon tabouret et m’approchais d’elle.
« Tu devrais le porter contre toi et le bercer un peu, il doit sans doute faire un rot. »
J’avais donné ce conseil comme si je m’occupais d’enfants toute ma vie. Or je n’avais jamais eu l’occasion d’avoir un enfant dans mon entourage, à part quand j’étais très jeune et que je m’étais renseignée sur ce qu’il fallait faire pour m’occuper de ma nièce, qui n’était jamais venu d’ailleurs… je détournais les yeux, soudain émue par le souvenir qui m’était revenue.
« Désolée, ça ne me regarde pas. Félicitations au fait. »
J’avais changé de comportement d’un coup et en plus j’avais été gentille. Deux choses bizarres parce qu‘elles m‘étaient étrangères ces derniers temps. Je retournais à ma place au bar pour reprendre un autre verre, j’en avais bien besoin. La chaleur me montait à la tête. |
|  | | Invité California Dreamin' • • • •
 | Sujet: Re: le hasard fait les choses, qu'elles soient bien ou mal - staff Ven 6 Aoû - 13:58 | |
| Ambrae – « Tu veux m’en parler un peu de ton calvaire ? Je t’en pris… » Son regard se perd dans l’abysse de son alcool. Il plonge et fonce droit vers un mur. Mille mercis à cet ange qui vient le ramener sur Terre. Une main se glisse dans son dos, il relève doucement le visage. Un nuage de fumée blanchâtre file de ses lèvres alors qu’il sourit doucement à sa précieuse amie. D’instinct, il s’empare du bout des doigts du verre que la future mère s’apprête à boire, et le repousse. Fuyant toute question… Que son calvaire reste secret, cela la détruirait d’apprendre la vérité quant à cette saleté qui le ronge peu à peu. S’emparant d’un geste las d’une bouteille d’eau, il la sert. Pupilles dilatées et soupire las : Benjamin – « Une future maman ne devrait pas boire ce genre de choses… Sauf si tu tiens à ce que junior devienne un alcoolique, comme moi. » Il sourit et l’embrasse sur le front. « Quant à mon… ‘Calvaire’… Hum, il n’y pas grand-chose à dire. Je vais bien… C’est juste que j’ai sous-estimé ma capacité à me foutre de tout. » Il inspire une dernière bouffée de sa cigarette… Et il suffit d’un seul regard pour que son cœur s’arrête, une nouvelle fois. Ses iris se posent sur sa silhouette, et c’est une nouvelle descente aux enfers… Dieu doit vraiment détester sa gueule pour lui infliger un sort pareil. Il soupire une nouvelle fois, tirant une seconde taffe de sa drogue avant de reposer son attention sur la jeune Zêta. Une main sur sa joue, il approche ses lèvres de son oreille dans l’espoir d’y souffler quelques mots : Benjamin – « Si je ne suis pas de retour d’ici une dizaine de minutes, c’est que le serpent aura à nouveau réussi à planter ses crocs en moi. Pitié, sauve-moi. » Du coin de l’œil, il aperçoit également un autre fantôme… Evan. Sa poitrine se sert alors qu’il a de plus en plus de mal à garder un rythme constant de respiration. Foutu hasard. Qu’on ne vienne pas lui dire qu’il fait bien les choses. Une légère étincelle vint illuminer le regard du jeune homme alors qu’il contemple la petite silhouette se débattant dans les bras de la nouvelle maman. Amusé, il sourit doucement. Hanté par l’image de la petite qu’il avait lui-même tenu dans ses bras, embrassé, et aimé. D’un simple regard il lui adresse ses salutations, alors que bien vite son attention se repose sur Elle. Cette fichue femme qu’il a été incapable d’oublier, ne serait-ce que quelques secondes. Aucun repos. Juste cette haine et cet amour qui le consument tout comme il brûle les cendres de son tabac. D’un mouvement brusque, il ne lui adresse aucun regard, aucun parole, mais s’empare de son poignet et l’attire dans sa marche. Le cœur frappant contre la poitrine, il s’engouffra dans la première cabine vide de monde. Et, repoussant vivement Esthell d’un geste agacé, il referma la porte. Benjamin – « L’ange de mes cauchemars est-il revenu me tuer un peu plus, encore aujourd’hui ? Qu’es-tu venue chercher ici ? Si c’est mon âme, tu peux courir : elle a quitté ce monde lors de cette douloureuse journée, à Paris. » A quoi bon lutter… A quoi bon combattre cette infâme souffrance qui tâche son cœur. Il l’aime, un point c’est tout. Qu’on le punisse d’être aussi masochiste : il s’était épris d’un démon…. Cruelle vengeance que celle que lui ôter son Amour et sa raison de vivre. Le nuage ombré qui tâche ses sentiments ne semble pas décidé à avoir pitié de lui. Mais il ne résiste pas, faible face à son terrible pécher. Leurs visages paraissent si proches, leurs cœurs si éloignés. Son regard capture le sien, et le voilà qui sombrait une nouvelle fois, fatalement. Bon Dieu, que l’amour pouvait être cruel. Et sans le moindre mot, il s’enivre en silence de son parfum si attrayant tout en refermant doucement les yeux. Sa respiration se saccade doucement alors qu’il pose une main incertaine sur sa joue. Ce contact, si infime et doux soit-il lui procura l’effet d’une sincère décharge. Un dernier au revoir… Une perle de sentiments pour trois quart de souffrance. Un grognement sourd s’échappa de ses lèvres alors que rageusement, il repoussait Esthell contre la vitre du train leur faisant face. Qu’il embrasse une dernière fois ses cauchemars. Qu’il les étreigne et les prenne par la main… Que sonne l’heure de l’Apocalypse dans son cœur. Il mourrait à petit feu… Mais aucune échappatoire pour elle. La proximité de leurs deux corps le fit doucement frissonner. Ses mains se déposant brutalement contre le carreau, il coupa rageusement toute sortie à son démon. Mais il ne la toucha que du bout des lèvres… Bouche posée contre sa jugulaire, pour embrasser une ultime fois cette enveloppe charnelle qui l’avait fait succomber. La mort se propage là où ne la soupçonne guère… Son souffle douloureux, il gémit avant de laisser son visage reposer contre son épaule. Encore un baiser déposé au creux de son cou… Et encore… Encore. Douceur jouissive sous ses lèvres. Et lui qui hume sans relâche cette drogue… Jusqu’à ce que ses paumons lâche et qu’il soit contraint de respirer. Et son front se pose tout près de son visage, sur cette vitre fraîche… Benjamin – « Détruis-moi, aller. Emporte-moi… Ca n’devrait pas être trop difficile pour une femme qui ne rêve que d’hommes aux visages différents, chaque soir, dans ses draps. » Il se redresse, toisant cette fois-ci son visage, les traits tirés. Une main effleure quelques unes de ses mèches de cheveux, il sourit tristement : « Et tout ce temps m’as-tu aimé comme tu as aimé ces vulgaires ordures ? Es-tu seulement capable de savoir ce que c’est… Je voulais épouser la plus belle femme, la plus douce… Celle qui avait conquit mon cœur et mon âme… Mais que vois-je ? Mon paradis est devenu un enfer. Mais j’aimerai te l’entendre dire plutôt que de faire l’objet de nouveaux mensonges : m’as-tu seulement aimé comme je t’ai aimé… Comme je t’aime, l’espace d’une seconde ? » La violence d’un amour qui fait rage dans le cœur du blessé… Il grogne de désespoir et de torture… Laissant l’une de ses mains agripper ses cheveux, l’autre son poignet, il dépose rageusement son front contre le sien. Benjamin – « Esthell putain, je t’aime. »
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|  | | Invité California Dreamin' • • • •
 | Sujet: Re: le hasard fait les choses, qu'elles soient bien ou mal - staff Sam 14 Aoû - 7:17 | |
| Partir avec Nelligan était très inspirant. D’une part, je savais que j’avais un bon guide : Nelligan avait dû se documenter des semaines à l’avance sur tous les endroits que nous allions voir et de l’autre, il me réserverait des surprises que personne n’aurait imaginées. L’idée du road trip était subvenue par une simple plaisanterie qui prit de l’ampleur au cours de l’année. Quoi de mieux qu’un voyage en tête à tête pour se rapprocher d’une être cher ? Seule avec Nelligan durant tout un été : le rêve ! Je n’avais aucune idée de où nous allions pour débuter. New York ? Las Vegas ? San Diego ? Waco ? Chicago ? Aucune idée. C’est Nell qui avait tout organisé. Je me chargeais que de mon sac et d’agrémenter mon joli minois d’une adorable sourire charmeur. Je devais redouter du double de charme pour ne pas perdre de l’intérêt aux yeux de mon interlocuteur. Je sentais qu’une demoiselle se tenait un peu trop prêt de lui. Une autre alpha. Ou même deux. Ce qui suffisait pour me ronger nuit et jour et me remettre en question. Ah les attirances ! C’est ainsi que nous partîmes vers la gare. Un train, comme c’était romantique. Je n’avais pas dormis de la nuit : l’idée de me faire bercer par les mouvements saccadés d’un train roulant rapidement et de pouvoir dormir contre un jeune alpha m’enchantait trop pour daigner fermer les yeux. Mais si seulement j’avais su la suite des évènements, jamais je n’aurais accepté ce voyage. J’avais mis un temps fou à faire mes valises. J’en possédais trois au totale et j’avais toujours cette vague impression d’avoir oublié un truc. Regardant aux alentours, je remarquai que j’étais la seule à posséder autant de sac. Une vague de gêne s’empara de moi. Depuis quand l’embarra était dans mes gènes ? Revenant de la salle de bain – bah quoi, je devais me vérifier une dernière fois dans une glace afin d’être impeccable pour lui, c’est fou comme il m’avait changé : je doutais de moi, une chose très rare chez moi – je lui adressais un sourire plus dévastateur que le premier. Je m’adressai automatiquement à Nelligan.
« Laisse-moi vérifier dans ma troisième valise si mon beau norvégien blond, bronzé et musclé, surfeur à temps libre est toujours là ! » Dis-je en tirant la langue. Puis je m’agrippai à son bras en riant délicieusement. « Je plaisante, la seule chose dont j’ai réellement besoin maintenant est un australien, brun, mystérieux et se tenant à quelques centimètres de moi. »
Je souris de nouveau, puis nous entrâmes dans le train et nous nous dirigeâmes vers notre cabine. Je fus légèrement surprise de l’état de celle-ci : je m’attendais à pire. C’était sympathique, accueillant en même temps. Ça ressemblait à Nelligan. Beau, sophistiqué, mais pas extra luxueux et vantard. Le train était très bien aménagé. Ils avaient pensés à tous. En fait, il est vrai que je n’avais jamais voyagé dans ce genre d’appareil. Ce qui me semble être un joyeux ici est certainement banal aux yeux des autres. Quelle plait, l’ignorance ! De retour à notre cabine, je m’endormis instantanément, lovée contre mon compagnon de voyage. Je respirais son doux parfum de printemps. Un mélange avec son eau de Cologne subtile, son gel douche et son assouplissant : le rêve. Je m’imaginais dans un tas de couverture et d’oreiller moelleux en compagnie de lui, à dormir lovés l’un à l’autre presque comme à ce moment. Ce fut cette saleté de secousse venant de nulle part qui me réveilla. Levant ma tête en sursaut, je fixais Nelligan dans le but de trouver une réponse à mes questions. Tout comme moi, il n’en avait aucune idée. Je secouai la tête lorsqu’il me demanda ce qu’il se passait pour lui démontrer que je n’en avais aucune idée. Nous sortîmes de notre cabine comme plusieurs jeunes gens : tous intrigués par cet arrêt soudain. Et les évènements se passèrent rapidement à cet instant. Un garçon de l’université se moqua de Nell, j’intervenu et il se poussa. Nell avait l’air démoli, j’attrapai sa main pour le rassurer. Les gens se bousculaient dans le couloir. Quelqu’un me fonça dedans et je me cognais contre quelqu’un d’autre. Une femme, une jeune femme, avec un enfant. Une femme qui essayer de calmer son petit. Une étudiante de Berkeley qui avait mis au monde son bébé au bal de promo. Nelligan lui avait porté secours et je ne l’avais plus revu de la soirée. J’étais rentrée bredouille chez moi, sans baiser, sans compagnon. Je souris à Evan me prononçant sur mon acte non voulu.
« Pardon, je ne voulais pas. J’ai trébuchée. Au fait, félicitation ! »
Puis, je m’étais retournée dans le but de retrouver mon compatriote de voyage que la foule avait engloutie.
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