A la vue du paquet de bonbons Effy ne put s’empêcher de sourire. Nous étions peut-être des adultes aujourd’hui mais nous redevenions de vraies gamines pour certaines choses et les sucreries en faisaient bien évidemment parties. Comme des enfants nous étions incapables de nous réguler et nos friandises préférées ne faisaient jamais long feu. En même temps il était impossible de résister à une telle tentation et à partir du moment où on en prenait un c’était fichu. Il nous était impossible de nous arrêter avant que le paquet ne soit complétement vide. Comme d’habitude je tendis le paquet à mon amie qui prit une poignée de ces petits délices. Elle me demanda d’ailleurs si j’avais fait exprès de prendre ses préférés mais à vrai dire pas du tout. J’avais simplement remplis mon sac de tout ce qui pouvait trainer et me passait sous la main. Il s’était avéré que j’avais attrapé celui-ci et non un autre et désormais le pauvre était totalement condamné…
« Non, à vrai dire j’ai pris le premier paquet qui me passait sous la main, mais vu que je les adore aussi je dois en avoir pas mal dans mes placards ! » Je souris à mon amie tout en attrapant à mon tour une bonne poignée.
Je ne connaissais pas vraiment le climat californien alors je n’aurais pas su dire si le beau soleil de ces derniers jours était quelque chose d’habituel ou non. En tout cas c’était super sympa et il tombait à pic pour notre petite sortie. Je supportais relativement bien la pluie et d’un côté heureusement. La partie d’Angleterre d’où j’étais originaire n’était pas des plus réputée pour son beau temps et il n’y avait pas de mystère quant aux raisons de nos beaux pâturages si verdoyants. Avec mes frères nous n’avions donc eu d’autres choix que de nous y faire puisqu’il était hors de question de renoncer à nos petites escapades et ce par n’importe quel temps. Bien des personnes auraient été horrifiées de voir dans quelles conditions nous étions capables de sortir, à notre place elles n’auraient certainement jamais quitté la cheminée pour aller mettre le bout de leur nez dehors. Mais d’un côté nous n’allions pas nous arrêter de vivre pour un peu d’eau, nous ne sommes pas en sucre et nous n’en sommes pas mort. Tout ça pour dire qu’un peu de pluie ne m’avait jamais dérangé mais un peu de soleil faisait toujours chaud au cœur et rendait la promenade bien plus agréable.
Ce beau soleil avait dû rappeler les températures estivales à Effy qui m’interpella à propos des vacances d’été. Nous en sortions tout juste mais c’était toujours le genre de choses auxquelles ont aimait penser surtout lorsqu’on est surchargé de travail comme en ce moment. D’ailleurs cela me rendit un peu nostalgique. J’étais arrivée à Berkeley au tout début des vacances d’été histoire d’avoir assez de temps pour prendre mes marques mais le campus était quasiment vide. La plupart des étudiants étaient rentrés chez eux pour revoir leur famille et leurs amis ou alors partis en vacances avec leur camarades de classe. Il restait tout de même quelques sampis avec qui j’avais pu passer pas mal de temps, d’ailleurs Effy devait en faire partie, mais à cette époque on ne se parlait pas autant. Mais tout ça n’avait rien à voir avec mes vacances habituelles. Même si ces dernières années avaient justement été quelque peu inhabituelles puisque j’avais réussi à intégrer des cours d’été dans une grande école d’art à Londres j’avais toujours réussit à passer un peu de temps avec ma famille et mes amis. En général ces vacances n’avaient rien d’exceptionnelles et ne changeaient pas vraiment de notre train-train habituel. On partait entre amis faire de grands bivouacs en forêt et au bord de la plage. On trouvait toujours de quoi s’occuper pendant la journée, surf, rugby, cache-cache, construction de forts géants, là aussi on retombait vite en enfance... Mes moments préférés étaient sans nuls doutes nos soirées passées à discuter autour du feu. Ok, c’est peut être un peu cliché mais c’était tellement bien. On était là, allongés dans le sable à écouter le bruit des vagues et le crépitement du feu avec cette impression d’être seuls au monde et que le temps s’était arrêté. On se sentait libre.
Tout ça m’avait beaucoup manqué cet été. En effet, j’avais passé pas mal de temps enfermée dans ma chambre à m’occuper de toute la paperasse pour la rentrée à Berkeley et une grosse partie de mon temps libre avait été consacrée à la recherche d’un emploi. Ainsi quand les autres sampis partaient se faire une virée à la plage je restais pour aller passer des entretiens qui en plus ne menaient à rien. Ça n’avait pas été de la tarte mais je n’étais pas non plus du genre à laisser tomber facilement et j’avais finis par trouver le job en or. Dans tous les cas, niveau vacances on peut trouver mieux et apparemment c’était aussi le cas d’Effy. La belle s’était souciée de ses vacances au dernier moment donc forcément il ne restait que les plans foireux. Cette année elle semblait motivée pour s’y prendre plus tôt.
« Du coup, je suis bien décidée à m’organiser de super bonnes vacances cette année ! J’adorerai pouvoir retourner un peu en Europe, je suis très attachée à mon continent natal. Mais d’un autre côté, j’ai toujours rêvé d’aller en Australie et de voir la grande barrière de corail… Mais j’espère que je n’aurai pas de difficultés pour les réservations et ce genre de choses, tu sais que ce n’est pas mon fort… »
Je souriais en entendant parler Effy. L’organisation de vacances est tout un art qui peut vite virer à l’horreur et c’est bien pour ça que de nos jours beaucoup de monde se décharge de cette lourde tache en faisant appel aux agences de voyage. Personnellement, je n’avais jamais rencontré ce genre de problème puisque jusqu’à mon départ pour Berkeley ni moi ni mes frères n’avaient jamais quitté l’ile. Il était même rare que nous quittions notre Somerset natal et lorsque c’était le cas c’était avec une bonne tente et nos jambes.
« Et toi ? Tu es contente des dernières vacances ? Tu as déjà des projets pour les prochaines ? »
Pour l’instant je n’avais vraiment aucune idée de ce que je pourrais faire aux prochaines vacances. Des rêves j’en avais pleins à la tête. J’adorais explorer et découvrir de nouveaux lieu mais malheureusement je ne pouvais pas me le permettre financièrement.
« Oui il y a des tas de pays magnifiques qui renferment des choses extraordinaires et où je rêverais d’aller mais malheureusement ce n’est pas vraiment dans mes prix. Pour l’instant, je ne sais même pas si j’aurais les moyens de me payer le billet d’avion pour retourner voir ma famille cet été. » Je souris comme pour cacher ma nostalgie. « Mais bon, c’est comme ça, et puis comme je ne connais pas du tout l’Amérique ça peut aussi être l’occasion d’explorer un peu. »
Ce serait en effet idiot de venir vivre dans un pays aussi vaste que l’Amérique pour rester cantonner à San Francisco, aussi magnifique soit cette ville. Et puis je me voyais bien partir avec mon sac à dos. Effy me suggéra une autre idée, celle de passer nos vacances ensembles si nos projets tombaient à l’eau. C’est vrai que cela pourrait-être sympa. On s’entendait bien toutes les deux, on aimait être ensembles et chacune respectait la bulle de l’autre. Je lui souris à mon tour.
« Oui, c’est vrai que ça pourrait être sympa. Et puis c’est toujours mieux que de rester toute seule à s’ennuyer chacune de notre côté. Mais j’espère tout de même que tes projets se réaliseront, l’Australie c’est un très beau pays alors si t’as l’opportunité d’y aller il faut que tu fonces ! »
J’étais d’avis qu’il fallait profiter de la vie et donc ne jamais laisser filer sa chance. Si mon amie pouvait partir et réaliser son rêve c’était très bien et j’en serais heureuse pour elle.
Je ne pensais plus du tout à César et à tous les soucis qu’il causait à mon amie ni à ma cousine et à toutes ces questions auxquelles je devais faire face. Nous n’avions peut être pas parlé pendant des heures mais nous avions dit tout ce que nous pensions de ces problèmes. Violet devait maintenant attendre cette fameuse soirée du vendredi et la simple présence de mon amie avait réussi à m’apaiser. Maintenant, j’avais vraiment l’impression de retrouver l’ambiance zen propre à notre amitié. Quand elle m’avait proposé ses bonbons, j’avais eu l’impression de me retrouver dans une cour de récréation. Violet et moi avions pas mal de points commun et nous aimions toutes les deux les choses simples dont ces petits concentrés de sucre. Elle avait raison de dire que ça remontait le moral : aujourd’hui, j’avais plutôt l’habitude de me consoler dans des bars mais peut être que m’exploser le ventre d’Haribo serait aussi une bonne échappatoire. « Tu as bien de la chance ! Ça fait super longtemps que je n’ai plus fait de courses dignes de ce nom, tu sais…Je crois que depuis le début de l’année, je me nourris exclusivement de pizzas et de soupes en boîte. » Je grimaçai. « Ce n’est vraiment pas équilibré, je sais bien. Mais j’ai décidé qu’après les fêtes et les examens, je me reprendrai en mains ! C’est dans un bon moment mais pour l’instant, je préfère quand même me concentrer sur mon travail. Quand on demande à avoir un double cursus, on a intérêt à prouver qu’on est capable de le gérer et souvent, ce sont lors des premiers mois qu’on se fait un avis sur l’élève alors… » Je haussai les épaules puis repris une minuscule poignée de bonbons en souriant. « Enfin, ne parlons pas du stress des cours alors que c’est le week-end et qu’il fait encore beau ! » Ce soleil qui continuait à m’évoquer les grandes vacances. Je me souvins de mon amie Delilah qui m’avait parlé de partir seule au Mexique ou en Espagne, je ne sais plus. Mais ce que j’avais bien retenu, c’était son idée de partir avec peu de bagages et sans organisation. Risqué mais tentant : moi aussi, j’ai toujours rêvé de faire quelque chose comme ça, de partir à l’aventure. Comme je suis très impulsive et réfléchis rarement aux conséquences, on pourrait croire que je n’aurai pas hésité une seule seconde et aurai foncé tête baissée. Mais vu la facilité déconcertante avec laquelle je me mets dans de sales situations, j’avais un peu peur de me lancer dans un tel projet. C’est bien beau de se dire qu’on va se faire de super vacances, mémorables, mais une fois sur place, de quoi on a l’air ? Avec son gros sac à dos, une carte dépliée et son dictionnaire ? Et si jamais j’ai un problème, qui est-ce que je préviens ? Mon père ? Laissez-moi rire. Non, je ne peux pas foncer tête baissée ou en tout cas, je n’ai pas l’état d’esprit nécessaire en ce moment. Peut être que quand ces fameuses vacances se rapprocheront et peut être qu’avec la fin des examens, cette idée ne me paraîtra plus complètement folle. « Oui, c’est sûr que voyager est un luxe… » Si mon père ne m’envoyait pas tant d’argent chaque mois, je n’aurai les moyens de ne rien faire. De ce côté-là, je suis complètement dépendante de lui et ça m’a toujours énervée. J’ai déjà pensé à prendre un petit job et demander une bourse pour mes études mais ce serait trop pour moi ; je ne suis pas certaine d’arriver à tenir le rythme. Même si je n’ai jamais été traitée comme une petite princesse, j’ai toujours eu ce dont j’avais besoin. Or, dans ce cas-là, je serai obligée de faire des concessions… « Tu n’as pas un petit job pour les week-ends ou les soirées ? Peut être que ça suffirait à pouvoir payer tes vacances ? Ce serait vraiment dommage que tu ne puisses pas rentrer chez toi, je sais à quel point ça manque… » Même si je considérais que je n’avais plus vraiment de famille, rentrer en Irlande était toujours un moment important pour moi. « Et si tu revois ta famille, ce sera en Angleterre ou bien vous partirez ensemble quelque part, peut être au soleil ? » Je savais que Violet s’entendait très bien avec sa famille alors j’imaginais qu’ils devaient être du genre à passer beaucoup de temps ensemble. Ils avaient aussi certainement l’habitude des temps maussades mais peut être qu’à la fin de l’année, ils recherchaient un peu de soleil ? Moi, même si la pluie et la boue ne m’ont jamais dérangée, je sais bien qu’il vient un moment où j’ai vraiment besoin de pouvoir me dorer au soleil ou boire un cocktail au bord d’une piscine. « Oui, tu as raison. Et il y a aussi des endroits magnifiques en Amérique ! » Comme je lui avais déjà dit, je ne savais pas encore quels seraient mes projets mais je pense déjà que je n’aurai pas envie de rester en Amérique. Je connaissais très mal les différents Etats mais je n’ai jamais eu très envie de les explorer, ce qui était assez étrange pour quelqu’un qui adore découvrir de nouvelles choses. Mais je dois bien avouer que j’ai toujours été très attachée à l’Europe et je préfère y retourner à chaque prétexte. « Oui, évidemment. Moi aussi j’espère que tes projets pourront se réaliser ! Mais l’année dernière, je n’en pouvais plus de tourner en rond et de rester enfermée entre mes quatre murs alors je me dis que cette année, il faut tout faire pour que ça ne se reproduise pas. Alors si nos organisations foirent, savoir que l’autre est là, ça nous assure au moins de bonnes vacances. » Aussitôt après avoir prononcé tout ça, je me rendis compte que j’avais l’air de chercher une assurance, de me servir de Violet afin de ne pas me retrouver seule. « Enfin, il ne faut pas que tu penses que je te prends comme "roue de secours" ! » Je rigolai quelques secondes, un peu mal à l’aise. « Parler de vacances m’a rappelé qu’avec une ancienne amie, on avait discuté des gens qui partent avec un sac à dos. Ce genre de voyage dont beaucoup rêve mais que peut réalise vraiment, tu vois ? » Je lui souris. « J’en ai déjà eu envie mais maintenant, beaucoup moins. Je me rends compte de tout ce qui peut arriver. C’est con et l’année dernière, je n’aurai jamais cru que je dirai ça, mais ça me fait un peu peur en fait. » Je haussai les épaules avec un petit sourire sur les lèvres. « Puis, j’ai pas tellement d’expérience avec les voyages… » Je fixai l’horizon puis sortis une deuxième cigarette de mon paquet. Cet endroit me faisait réfléchir sur pas mal de choses. D’habitude, je n’ai pas toujours le temps de me poser deux minutes pour réfléchir à ce que je ferais les prochaines vacances, pour me demander si je ne devrais pas agir autrement avec Blaithin ni pour faire des projets pour mon avenir. Mais ici, j’arrivais à oublier tout mon quotidien et c’était comme si toutes les questions que je n’avais pas eu le temps de régler s’imposaient naturellement les unes après les autres. Étrange mais pratique.
Je rigolais, amusée par la remarque d’Effy qui enviait mes paquets de bonbons. Et encore, elle n’avait pas vu le placard à gâteaux ou le contenu du frigo… La pauvre avait tellement de travail qu’elle n’arrivait pas à trouver le temps de se nourrir correctement et se contentait de ces pizzas congelées et de ces soupes en boite. Vous me direz c’est toujours mieux que de se gaver de cheeseburger à longueur de journée. En Angleterre nous avions tous en tête ce fameux stéréotype des Américains obèses à force de passer leurs journées au fastfood et à vrai dire, depuis mon arrivée à Berkeley je ne pouvais que confirmer cette généralisation. Ça m’avait d’ailleurs beaucoup choqué au début. Où que j’aille et quelle que soit l’heure je croisais toujours quelqu’un avec un cornet de frites ou un sandwich à la main en train de grignoter. Attention je n’ai rien contre les fastfoods, comme beaucoup je ne résiste pas à un bon McDonald, mais il faut savoir se poser des limites. S’y rendre ne serait-ce qu’une fois par mois est déjà amplement suffisant pour notre pauvre foie. Et puis je n’ai jamais trop raffolé de la malbouffe, en fait je crois que je suis un peu une exception. J’ai toujours adoré bien manger, ma mère est une as de la cuisine et nous avions pour habitude de nous régaler à chacun de nos repas. Dans mon enfance je n’étais pas très proche d’elle. J’étais plutôt fourrée avec mes frères et j’admirais mon père, à vrai dire je ne le décrochais pas d’une semelle, plagiant le moindre de ses faits et gestes. Puis en grandissant je me plaisais à aller aider ma mère en cuisine. Elle me fit mettre la main à la pâte en me faisant découvrir chacune de ses recettes et j’adorais ça. D’ailleurs j’adore toujours ça. J’ai vite dépassé mon maitre et la cuisine est devenue mon territoire. J’y passais des heures à expérimenter toutes sortes de mets. Ce n’était pas toujours une réussite mais mon caractère tenace me faisait recommencer jusqu’à obtenir ce que je souhaitais. Mon arrivée à Berkeley ne m’a pas vraiment changé, j’aime toujours cuisiner et expérimenter mais entre les cours et mes petits jobs ce n’est pas toujours évidant. Du coup je me suis inscrite à un atelier cuisine avec l’université, comme ça je bénéficie toujours d’un petit créneau pour laisser libre court à mon imagination et faire mes petits essais. Dans tous les cas il était rare que je mange quelque chose de déjà tout fait. J’aimais vraiment aller faire un tour sur le marché, sélectionner chacun de mes aliments et me concocter de bons petits plats. Même si ça prenait du temps c’est vraiment quelque chose sur laquelle je ne ferais aucune concession. Et heureusement mon colocataire avait la même vision que moi. Aidhàn était un cuisinier émérite, de ce fait nous cuisinons chacun notre tour. Bref, tout ça pour dire que je n’avais certainement jamais ouvert une seule soupe en boite et que ça ne serait pas demain la veille. Je devrais aussi songer à inviter ma pauvre Effy à venir manger avec nous de temps à autre. Je lui proposerais pour la prochaine fois.
Effy décida de changer de sujet pour laisser de côté tout le stress de nos cours. Nous étions là pour nous détendre après tout, et rien de mieux pour ça que d’évoquer les vacances d’été. Pour le moment les miennes étaient un peu compromises, comme elle venait de le dire, de nos jours les vacances sont un luxe.
« Tu n’as pas un petit job pour les week-ends ou les soirées ? Peut-être que ça suffirait à pouvoir payer tes vacances ? Ce serait vraiment dommage que tu ne puisses pas rentrer chez toi, je sais à quel point ça manque… »
Je soupirais. Un petit job j’en avais déjà, en fait j’en avais même deux et ils ne suffiraient jamais à me payer des vacances de rêve ça c’était certain. Pour l’instant ils me permettaient déjà de pouvoir vivre correctement et c’était une bonne chose. J’avais un bon logement, de quoi manger correctement et quelques extras pour pouvoir sortir faire la fête le weekend. Je n’avais donc pas à me plaindre, même si ce n’était pas toujours évident.
« Mes bourses couvrent tout juste ma scolarité à Berkeley du coup j’ai bien été obligée de travailler. J’ai déjà deux petits boulots qui me permettent de vivre correctement pour l’instant. Je vais essayer de mettre un peu d’argent de côté mais des fois je me dis que c’est aussi important de profiter du moment présent. »
Maintenant que j’étais ici, je comptais bien profiter de mon aventure américaine à fond. Je ne me voyais pas sacrifier toutes mes soirées et mes loisirs juste dans le seul but de repartir chez moi quelques semaines. C’est sûr que ma vie d’avant me manquait énormément. Je n’avais jamais été habituée à partir loin de ma famille et le changement avait été brutal. En fait, à part pour mes fameux cours d’été, je n’avais encore jamais déserté la maison donc oui, ce n’était pas toujours facile et ça ne s’arrangeait pas avec le temps. J’étais très liée à mes frères. J’étais toujours fourrée avec eux et je les suivais dans les pires de leurs bêtises et même si ils étaient habitués à m’en faire voir de toutes les couleurs ils me manquaient. Sans eux, sans tout ce tumulte et toutes ces chamailleries habituelles, tout semblait beaucoup trop calme. C’était comme si une partie de moi-même avait disparue. Parfois cette nouvelle solitude me submergeait et je me sentais vraiment mal. Dans ces coups de temps je n’avais qu’une idée en tête celle de sauter dans le premier avion pour retrouver ceux que j’aime tant. Mais heureusement j’avais toujours cette petite voix en moi qui arrivait à me raisonner. La vie ici était loin d’être désagréable, j’avais de très bons amis et les cours me plaisaient vraiment. Alors même si c’était parfois dur je ne regrettais pas d’être partie étudier à Berkeley. J’y avais longuement réfléchit, pesé le pour et le contre pendant des heures et même si cette décision n’avait pas été simple à prendre c’était la meilleure chose à faire. Il était évident que je ne resterais pas vivre avec mes parents éternellement. Un jour ou l’autre il faut bien quitter le nid pour voler de ses propres ailes et j’aurais eu tort de ne pas profiter d’une telle occasion. Effy était curieuse de connaitre mes plans dans le cas où j’arrivais à rentrer chez moi cet été. Elle se demandait si nous avions l’habitude de partir à la recherche du soleil. Cela m’amusa vu le contexte mais cela me rappela que je ne lui avais jamais trop parlé de ma famille. Je savais qu’il y avait des problèmes dans la famille d’Effy j’évitais donc de lui rappeler combien la mienne était formidable et comme j’étais proche de chacun de mes frères et de mes parents. Je trouvais que ça n’aurait pas été très sympa… Mais du coup la belle ignorait complétement que mes parents possédaient une petite ferme perdue au fin fond de la campagne anglaise. Les animaux demandant qu’on s’occupe d’eux 7 jours sur 7 tout au long de l’année il était impossible de songer à des vacances en famille ailleurs qu’à la ferme. Mais nous n’étions pas malheureux pour autant. Bien au contraire. Mes frères et moi avions grandi dans cette ferme, nous étions habitués à aider notre père après l’école et les weekends et c’était quelque chose que nous adorions faire. Personnellement j’adorais travailler avec les animaux, surtout lorsqu’il fallait aller récupérer les moutons lâchés en pâture dans les collines. On partait en quad dans ces immensités et c’était toujours la grande aventure...
« En fait on est jamais partis en vacances, du moins pas en famille, avec mes parents. On possède une ferme avec pas mal d’animaux alors il faut toujours que quelqu’un reste pour pouvoir s’en occuper. Mais bon, c’est plus une question d’habitude et d’organisation. On ne se fait pas de grosses vacances comme certain qui partent tous ensemble pendant un mois mais on part à tour de rôle. Quand on est là, mes parents en profitent pour partir quelques jours en amoureux. Sinon mon père part pêcher quelques jours avec mes frères ou je pars faire les boutiques avec ma mère à Londres. J’ai passé la plupart de mes vacances avec mes frères. On partait faire de la randonnée à droite à gauche. On prenait nos tentes, nos gros sacs avec des vivre et on partait en car pour découvrir de nouveaux endroits. C’était vraiment sympa, sauf quand il flottait, le camping sous la pluie ça craint ! »
Je me mis à rire en repensant à ces situations on nous finissions trempés jusqu’aux os. Heureusement nous trouvions toujours une petite mamie qui avait pitié de nous et on se retrouvait bien au chaud avec une bonne tasse de thé entre les mains.
« Avec une ancienne amie on avait discuté des gens qui partent avec un sac à dos. Ce genre de voyage dont beaucoup rêve mais que peut réalisent vraiment, tu vois ? J’en ai déjà eu envie mais maintenant, beaucoup moins. Je me rends compte de tout ce qui peut arriver. C’est con et l’année dernière, je n’aurai jamais cru que je dirai ça, mais ça me fait un peu peur en fait. Puis, j’ai pas tellement d’expérience avec les voyages… »
« Oui c’est vrai que des fois, quand j’y repense, je me dis qu’on était vraiment cinglé. Et mes parents encore plus de nous laisser partir comme ça ! C’est surtout que de nos jours il y a tellement de malades qu’il peut vraiment arriver n’importe quoi. C’est vraiment dommage car ce sont des expériences fantastiques et de très bon souvenir. J’adorerais pouvoir le faire ici, en Amérique mais jamais je partirais toute seule, c’est bien trop risqué. »
Je vis Effy sortir une cigarette, je l’interpella immédiatement bien qu’elle semblait perdue dans ses pensées.
« T’en aurais pas une petite pour moi part tout hasard ? » Je lui fis mon plus beau sourire digne des publicités pour Colgate. « J’ai que des roulées, et sérieusement, ça craint encore plus que le camping sous la pluie ! »
A vrai dire je ne fumais pas de cigarette ou alors en de très rares occasions et à ce moment-là l’ambiance s’y prêtait bien.
« Et sinon, à part l’Australie, quel pays ou quelle ville te ferait envie ? »
Je ne suis pas quelqu’un qui se soucie beaucoup de sa santé. Je fais un minimum de sport, juste ce qu’il faut pour ne pas terminer en loque. Je ne suis pas du genre à foncer chez le médecin dès que j’ai mal au ventre ou à la tête et les rares fois où je consulte, j’oublie de prendre mes médicaments. Quant à la nourriture, si je pouvais, j’arrêterai de manger. J’aime la bonne nourriture et les aliments sains mais je ne prends jamais le temps de faire les courses pour les acheter et préfère laisser gagner ma fainéantise en commandant des pâtes ou pizzas. Sans oublier que je ne sais pas cuisiner. Je veux dire, pas du tout. Je sais à peine me servir d’un four et d’un micro-onde, je brûle tout ce que je tente de cuire et les rares fois où j’ai pu sortir quelque chose qui avait l’air comestible, j’ai fais une intoxication alimentaire. J’aurai pu demander de l’aide ou simplement ouvrir un livre de cuisine mais en y réfléchissant, je me rendais compte que ça m’était complètement égal : tant que je ne mourrais pas de faim ni risquais de devenir anorexique, je ne me soucierais pas de mon alimentation. Mais Violet et moi ne parlions pas de prendre soin de nous, nous avions un sujet de conversation beaucoup plus important –et surtout plus intéressant : les vacances. « Deux jobs ?! Whoaw, ça ne doit pas être facile à gérer et avec tes sorties et tes cours en plus, tu n’es pas trop fatiguée ? » Quand je pense que je refusais catégoriquement d’en avoir ne serait-ce qu’un, imaginer en avoir deux me rendait presque malade. J’admirais Violet de s’accrocher ainsi, Berkeley devait représenter beaucoup pour elle : après tout, elle avait accepté de partir à plusieurs centaines de kilomètres de chez elle et de tous ses repères, elle avait du demander une bourse qui ne peut couvrir que ses études et était obligée de jongler avec deux jobs d’étudiants. Même si je ne suis pas issue d’une famille très riche, je ne me rends pas toujours compte de la chance que j’ai : malgré ma relation exécrable avec mon père, j’ai droit à beaucoup d’argent et si je savais m’organiser et gérer mon budget, je pourrais vivre dans de très bonnes conditions. « Et qu’est ce que c’est comme type de travail ? » Parce que bien sûr, ça avait son importance aussi. Certains jobs étaient plus faciles que d’autres, moins fatiguants et mieux payés. Mais je suppose que Violet devait faire quelque chose comme serveuse ou vendeuse…un petit boulot pas trop difficile à trouver. « Tu as raison de dire qu’il faut profiter des moments présents mais parfois, on aime pouvoir se projeter dans l’avenir et faire des projets. Enfin, je comprends que ce ne soit pas très facile pour toi. » Parfois j’oubliais que les étudiants de Berkeley n’étaient pas tous des gosses de riches ou issus d’un milieu plus qu’aisé. Je suis une fille assez simple qui peut se contenter de peu de choses. En arrivant à Berkeley, je savais que j’intégrais une prestigieuse université dont il fallait mériter la place et de ce fait, je savais très bien que la plupart de ses étudiants étaient riches. Mais aujourd’hui, je peux avouer que durant les premières semaines, j’avais été choquée de voir que certains étalaient ouvertement leurs frics sous les yeux des autres. Certaines soirées étaient vraiment huppées et les sujets de conversation tournaient parfois uniquement autour de leur richesse. J’avais l’impression d’halluciner et de ne pas être à ma place. Malgré l’aisance de ma famille, j’avais toujours vécu assez modestement et je retenais surtout de mon enfance les journées passées à marcher dans la boue puis à rentrer pour boire du chocolat chaud. Rien à voir avec les histoires que j’entendais alors. Mais heureusement, au fil du temps, j’avais réussi à me fondre dans la masse et à m’intégrer parfaitement, découvrant par la même occasion que l’université ne se résumait pas qu’à l’argent. Ici, j’avais rencontré beaucoup de personnes dont certaines comptaient maintenant énormément pour moi. Et s’il y avait bien une chose dont j’étais certaine, c’est que je n’oublierais jamais mes années d’étude dans cette université.
Tout comme mon amie sampi ne connaissait pas grand-chose de ma famille, je savais uniquement qu’elle habitait l’Angleterre et avait quelques frères. Je fus donc réellement surprise en entendant que ses parents possédaient une ferme. Je ne m’y attendais pas du tout mais le coup de la surprise passée, ce n’était pas si étonnant. Je pouvais facilement imaginer Violet avoir grandi en s’occupant de la ferme de ses parents. Je souris doucement en l’imaginant aller chercher les œufs tôt le matin avec des bottes en caoutchouc jaune puis faire de longues promenades avec ses frères dans la campagne anglaise, aussi bien sous la pluie et tempête qu’au soleil –bien que le soleil soit beaucoup plus rare. Selon moi, c’était un univers parfait pour un enfant. J’avais grandi à Dublin et donc en ville mais par la suite, j’avais passé des années à courir dans d’immenses prairies et si j’avais eu la chance d’avoir des chevaux, des moutons ou des poules ou n’importe quel autre animal de la ferme, je crois que j’aurai été comblée. A la place, j’avais eu droit à un poisson rouge. Il est mort après trois jours et j’ai perdu son cadavre avant d’avoir pu l’enterrer dans le grand jardin de mes grands-parents. Que de bons souvenirs…« Ah oui, je comprends beaucoup mieux du coup ! Franchement, quand tu m’as annoncé que vous aviez une ferme, je n’en revenais pas …Mais en fait, je trouve ça super ! Evidemment, c’est beaucoup de travail et ça doit être fatiguant pour tes parents mais personnellement, j’aurai a-do-ré grandir en ayant une ferme. J’imagine déjà les petites bottines, les œufs à ramasser, le lait chaud et puis la campagne, tout simplement. » Je lui souris avec un regard brillant. « Même si tu es Anglaise et moi Irlandaise, on a grandit dans des endroits assez similaires alors je pense qu’on est toutes les deux bien placées pour comprendre cet amour de la nature. Quand je pense à tout ce temps que j’ai passé à courir dans des plaines sans aucun but et a grimpé aux arbres sans vouloir en redescendre… » J’éclatai de rire mais cette fois avec une pointe de nostalgie dans le regard : cette époque me manquait, aujourd’hui plus que jamais. Je m’étais encore égarée et décidai d’en revenir à Violet. « Enfin, c’est quand même dommage de ne jamais prendre des vacances tous ensemble à l’étranger…Je suppose que confier votre ferme à quelqu’un d’autre en attendant serait assez compliqué, rien qu’au niveau de l’organisation mais il y aurait peut être moyen… » Je haussai les épaules en continuant à me demander comment ils pourraient bien faire pour s’octroyer quelques semaines –voire jours de vacances. Parce qu’évidemment, quand ils partaient ce n’était jamais tous ensemble. « Oh mon dieu, le camping ! Je ne sais pas si j’arriverai à en refaire aujourd’hui ! » Avec le temps, j’avais l’impression de perdre peu à peu mon esprit d’aventure et d’apprécier de plus en plus un bon confort. « Mais toutes ces années de randonnées avec tes frères devaient être géniales ! Vous avez du découvrir plein d’endroits supers et il a sûrement du vous arriver pas mal d’aventures… !» Bien sûr, le camping et les randonnées apportaient leur lot de souvenirs, comme les piqûres immondes et les oublis importants etc. « Oui évidemment, c’était dans un autre endroit et un autre contexte. Mais je ne pense pas que vous étiez fous pour autant, vous avez juste eu la chance de grandir ailleurs que dans une grosse ville ou un endroit particulièrement dangereux. » Je savais très bien qu’il pouvait aussi y avoir des malades à la campagne mais généralement c’est un endroit plus tranquille. « Même si j’ai du faire du camping quelques fois, je ne suis jamais partie seule dans un endroit inconnu. A mon avis, je finirais bien par le faire un jour mais uniquement lorsque je serais sûre de moi. »
Je sortis une nouvelle cigarette et Violet m’en demanda une. « Oui, bien sûr. » Je lui en passai une puis l’aidai à l’allumer en rigolant de sa remarque. Je fumais depuis mes dix-sept ans, depuis mon arrivée à NY. Depuis que j’étais en Amérique, j’avais énormément changé. Je ne sais pas si c’est l’influence du pays ou bien un changement naturel mais certains côtés de ma personnalité n’avaient vraiment plus rien à voir avec la petite européenne que j’étais auparavant. « En réalité, l’Australie est vraiment le seul pays dont je pourrais rêver. Je reste aussi très attachée à l’Europe et j’aimerais pouvoir visiter chacun de ses pays. Déjà rien qu’avec ça, j’ai pas mal d’idées de voyages ! » Je lui souris tout en me demandant s’il y avait d’autres parties du monde qui me donnait envie. « Je n’ai jamais été très attirée par l’Asie même s’il y a beaucoup de choses intéressantes de cette culture et de beaux endroits à visiter. Par contre la Russie me tenterait bien aussi…» Violet devait elle avoir des pays qui lui donnaient envie, surtout qu’elle n’avait pas encore beaucoup voyagé. « Et toi, il y a un endroit qui te fait rêver ? » Ça pourrait peut être me donner des idées au cas où l’on devrait passer nos vacances ensemble. On ne sait jamais, nous arriverions peut être à attraper un last minute. « Maintenant qu’on parle de vacances, je viens de me rappeler qu’une fois, j’ai réussi à me tromper d’avion. Je sais que ça semble complètement fou avec tous les contrôles et toutes les vérifications qu’on doit passer et pourtant, ça m’est vraiment arrivé ! Je devais avoir quinze ou seize ans et je prenais l’avion seule pour rendre visite à mon père à New York pour les vacances de Noël. L’aéroport était tellement grand et étourdie comme je suis, j’ai réussi à me débrouiller pour monter dans le mauvais avion. Et évidemment, je ne m’en suis aperçue qu’une fois qu’on a atterri. A la place de NY, je suis arrivé à LA et j’étais complètement perdue. » Je rigolai en repensant à ma panique. C’était aussi pour ça que j’aimais voyager : les choses ne se passaient pas toujours comme prévu et ça nous créait de bons souvenirs. « Peut être que toi aussi tu as eu des problèmes lors de vos randonnées ? Vous ne vous êtes jamais perdus ? » Pour quelqu’un qui n’a aucun sens de l’orientation se perdre fait vraiment partie du quotidien alors j’étais souvent étonnée d’entendre les gens me dire qu’ils avaient trouvé leur chemin sans problème. Je m’appuyai plus confortablement sur les paumes de mes mains, contente de passer cet après-midi à discuter tranquillement avec mon amie.
Effy semblait impressionnée par le fait que je pouvais cumuler deux jobs à la fois, l’air inquiet elle me demanda si ce n’était pas trop difficile. Il était vrai que la plupart des étudiants de Berkeley avaient assez d’argent pour couvrir toutes leurs envies même les plus absurdes. Ils n’avaient donc pas besoin de travailler et ne concevaient pas non plus que certains en ai besoin. Personnellement j’avais été habituée dès mon plus jeune âge au fait que l’argent ne tombait pas du ciel comme par magie et qu’il fallait le mériter, soit en travaillant, soit en ramenant de bonnes notes de l’école. Avec ma famille nous avions toujours eut ce genre de deal, si moi ou mes frères avions envie de quelque chose qui ne correspondait pas à un réel besoin (vêtements, coiffeur, licence de sport… ) et bien c’était à nous de nous débrouiller pour trouver un petit job et pouvoir nous le payer. Je dois avouer qu’on était d’autant plus fier et heureux en ayant le dit objet et en plus on y réfléchissait à deux fois avant d’acheter tout et n’importe quoi par simple effet de mode. Au final, même si mes bourses avaient couvert tous mes frais j’aurais certainement cherché un emploi car cela m’aurait manqué et j’aurais trop eut l’impression d’être une assistée. Je souriais à mon amie.
« Tu sais, ça ne prend pas tant de temps que ça finalement. Tu as l’impression d’être débordée mais je n’ai pas de double cursus comme toi alors j’ai moitié moins de cours que toi. Et franchement, avec des semaines de même pas 15 heures de cours j’ai pas mal de trous à combler. Au final ça occupe un peu mes journées comme ça parce que je déteste vraiment ne rien faire. Et puis c’est des jobs sympas. Je travaille trois midis par semaine à la caisse de la cafétéria et c’est pas si ennuyeux que ça en a l’air car on y croise toujours plein de monde, souvent ce sont les mêmes d’ailleurs. Bon y’en a des plus ou moins sympas, comme partout, mais avec certains on discute bien. Et sinon je travaille dans une galerie d’art pas très loin. J’y fais un peu de tout, accueil, conseil, vente, j’aide pour les inventaires et tout ça. C’est surtout pendant les après-midi où je n’ai pas cours et un peu le samedi matin mais ma patronne est très arrangeante donc on voit en fonction de mon travail scolaire. J’ai vraiment eu de la chance de tomber sur elle, c’est une perle. En plus elle passe des heures à me parler d’art ce qui m’aide beaucoup pour mes cours. Beaucoup d’étudiants ont des emplois pourris mais ce n’est pas mon cas, j’en suis très contente parce que comme ça ce n’est pas du tout une contrainte pour moi. »
La jeune femme semblait mieux comprendre pourquoi je ne me plaignais pas de travailler. J’aurais eu à faire la plonge dans un restaurant ou le ménage dans un hôtel je n’aurais certainement pas été aussi enjouée. Je n’aurais certes pas refusé, car on ne crache pas sur un emploi quand on en a besoin, mais il n’aurait pas été aussi épanouissant que ceux que j’occupais déjà. J’étais très sociable alors j’adorais le contact humain du restaurant scolaire. On ne se parlait pas pendant des heures, mais revoir régulièrement les mêmes visages créait une sorte de lien. Je ne connaissais presque rien à la vie de tous ces étudiants qui défilaient chaque jour mais à force de les voir et revoir j’avais quand même l’impression de les connaître.
Effy fut tout autant stupéfaite d’apprendre que j’avais grandi dans une ferme. Elle resta silencieuse quelques instants comme si elle m’imaginait dans ce cadre un peu particulier puis s’exclama qu’elle aurait adoré être à ma place. Cela me fit rigoler. La majorité des étudiants de Berkeley n’avaient pas vraiment ce genre de réaction en apprenant d’où je venais. Pour beaucoup d’entre eux c’était un travail dégradant et me cataloguaient comme faisant partie d’une sous classe. C’était franchement frustrant mais on finissait par s’y faire. De mon côté je n’enviais pas non plus leur situation d’enfants pourris gâtés à qui ont à toujours tout servis sur un plateau doré. Ces idiots ne percutaient même pas que sans des gens comme mes parents ils n’auraient rien à se mettre sous la dent et c’est d’ailleurs ce qui rendait leur travail si respectable. Mais bon, j’étais dans une école de fricés maintenant, il fallait bien que je m’habitue au fait d’être catalogué en fonction des apparences et non en fonction de qui je suis réellement… J’étais contente qu’Effy ne réagissent pas comme tous ces imbéciles, en fait son enthousiasme me fit vraiment chaud au cœur.
« Oui c’est assez prenant comme métier, avec les animaux tu peux pas te permettre de ne pas te lever un matin, même si t’es malade comme un chien. Heureusement j’ai trois grands frères qui adorent la ferme tout autant que moi, il y en a d’ailleurs un qui y travaille avec mes parents donc ça permet d’avoir un peu plus de temps. »
La jeune femme se mit à me compter ses aventures dans la campagne irlandaise et je me mis à rire. « Oui c’est exactement ça, courir dans les hautes herbes, construire des cabanes dans les bois, aller se goinfrer de baies sauvages avant le repas… c’était la belle époque… » J’étais tout aussi nostalgique que mon amie et par moment j’aurais adoré retomber en enfance.
« Oula, tu ne connais pas mon père. Il n’accepterait jamais de laisser sa ferme comme ça à quelqu’un d’autre. Ça heurterait sa grande fierté. Oui, je sais, c’est pas difficile de trouver de qui je tiens. Dans le genre borné on est les même. Mais bon, peut-être qu’il changera d’avis quand il aura pris quelques années. »
D’un côté, n’ayant jamais connu la « joie » de partir en vacances tous ensemble, cela ne pouvait pas vraiment nous manquer. Et puis cela m’avait donné l’occasion de vivre des moments extraordinaires avec mes grands dadais de frères. Comme Effy le disait elle-même, des aventures, il nous en étaient arrivé des tonnes. Je me mis à rire en y repensant.
« Ça je ne te le fais pas dire ! Il y en a eu tellement… Rien que la fois où nous avions planté nos tentes sur la plage j’ai dû répéter au moins 15 fois à Edward que la mer allait monter pendant la nuit mais comme d’habitude monsieur avait toujours raison. Evidement à 6h du mat on s’est réveillé les pieds dans l’eau. Y’en a un qui s’est bien fait chambrer pendant un petit moment. Il y a aussi toutes les fois où on a pu se tromper de chemins et au lieu de partir pour un tour d’une heure on en avait eu pour au moins cinq heures. Mais en général on arrivait toujours à retrouver le point de départ. »
En parlant d’aventures, Effy me raconta comment elle avait réussi à se tromper d’avion et à arriver à Los Angeles plutôt qu’à New York. J’étais restée ébahie quelques secondes avant d’exploser de rire.
« Ho la vache ! Là j’avoue que tu bats tous nos records, je m’incline. Mais comment t’as fait ? Tu devais être paniquée non ? » Je l’imaginais bien avec tous ces bagages, tourner en rond sans comprendre pour on parlait de Los Angeles partout…
« Je suis un peu comme toi, je suis très attachée à l’Europe. Il y a déjà tant de choses à y découvrir. Je suis très attirée par tous les pays nordiques : Norvège, suède… ça doit vraiment être magnifique. L’Europe de l’est aussi ça doit être sympa, Prague, Moscou… Je ne sais pas si t’as déjà vu des photos de tous ces toit dorées enneigés, c’est sublime. Et puis le Canada, aller voir les baleines et faire du ski dans les rocheuses, ça doit être vraiment chouette. Enfin, je ne serais pas non plus contre une belle plage de sable bordée par ces eaux bleues turquoise… Alala, ça donne vraiment envie ! »
Je fixais l’horizon, pensive, la tête pleine de belles images.
Invité
Invité
California Dreamin'
• • • •
Sujet: Re: Keep calm, stay legendary || Violet Mer 4 Jan - 19:36
Give yourself a break.
Avec tous les changements que j’avais déjà vécu, je ne serai pas si étonnée que ça de me retrouver avec un petit job. Pour le moment, c’était impensable mais je n’en avais pas non plus besoin. Par contre, comme je ne supporte pas dépendre financièrement de mon père, c’est une option à laquelle je réfléchirai peut être un jour. Violet m’expliqua sa situation et ses explications calmèrent ma surprise. « C’est vrai, j’avais oublié que tu as moins d’heures de cours que moi. N’empêche, Berkeley demande un bon niveau et donc de passer pas mal de temps à étudier et s’il faut concilier les sorties aussi…Je trouvais que deux jobs faisaient beaucoup mais je vois que tu as su t’organiser en conséquence. Et c’est vrai qu’ils sont bien ! Généralement ce sont de petits boulots ennuyeux mais là, tu as la possibilité de parler un peu aux gens et travailler dans une galerie d’art, je trouve ça super ! » L’art, sous toutes ses formes, faisaient partie de ma vie depuis toujours et n’avaient jamais cessés de me passionner. « Tu devras me passer l’adresse de cette galerie comme ça je pourrai venir te voir…Puis tu sais bien que j’aime l’art alors je risque de l’adorer. » Je lui souris, les yeux pétillants. J’avais vraiment hâte de débarquer au milieu d’une de ses journées de travail pour lui faire un petit coucou puis passer un après-midi tranquille à me balader dans la galerie. « Tu as beaucoup de chance d’avoir une patronne qui fait attention à ton horaire de cours ! Ils ne sont pas tous aussi sympas…» Même si je n’avais jamais travaillé de ma vie, je savais que j’avais raison. « Tu t’es vraiment bien débrouillée pour trouver ces jobs…Si jamais j’ai envie de travailler un petit peu un jour, je te demanderai de l’aide pour me dénicher quelque chose ! » Je me mis à rire. En réalité, ce n’était pas mon genre d’aller embêter les autres pour qu’ils s’occupent de mes affaires. Si je voulais un job un jour, c’était à moi à me le trouver bien sûr. « Je n’ai jamais été très attirée par le monde du travail, tu sais. Je n’ai vraiment pas hâte de quitter l’université et de devoir me lancer dans la vie "active". C’est peut être pour ça que j’ai voulu étudier le théâtre. Actrice, c’est un vrai métier mais bon…dans ma tête, ça sonne plus comme un hobby. Puis, ça me passionne et ça n’a rien à voir avec une semaine de fonctionnaire et un horaire fixe…Peut être pour ça que je ne veux pas prendre de petit job, c’est trop opposé à ce que j’aime. » Je haussai les épaules, n’ayant moi-même pas de réponse à ces questions.
Mes grands-parents ont grandi en ville et ne sont partis à la campagne que lorsqu’ils sont arrivés à leur retraite. Ils ne faisaient pas grand-chose de leur temps libre mais étaient très loin de vouloir faire de belles promenade ou d’élever quelques animaux. Je me suis donc débrouillée seule pour faire toutes mes escapades et je regrettais souvent de ne pas avoir d’animal à mes côtés ; j’aurai adoré avoir un chien, un gros Bouvier Bernois qui m’auraient fait penser à un nounours géant. « Je veux bien croire que s’occuper d’une ferme n’a pas que des bons côtés. Comme tu dis, les animaux n’attendent pas et il faut toujours être aux petits soins pour eux. Ça ne doit vraiment pas être facile tous les jours, heureusement que ta famille est soudée et que tes parents ne sont pas les seuls à travailler ! » Avec tout le travail que demande une ferme, il vaut mieux que la famille y mette du sien. Si sa famille avait été ingérable, ses parents se seraient retrouvés avec deux fois plus de travail et d’ennuis. Mais connaissant Violet, je n’avais pas de mal à imaginer que ses années passées en Angleterre auprès de sa famille s’étaient bien passées. J’éclatai de rire en l’entendant dire que son père ne laisserait jamais sa ferme à quelqu’un d’autre. « Ahah, je sais enfin de qui tu tiens ce caractère ! Je peux comprendre qu’il n’ait pas envie de la laisser entre les mains de quelqu’un d’autre mais bon…Comme tu dis, peut être qu’avec l’âge, tes parents changeront d’avis et auront envie de passer à autre chose. » Je pense qu’il y a des étapes dans la vie et peut être qu’une fois arrivés à l’âge de la retraite, les parents de Violet en auront marre de se lever tous les jours aussi tôt et prendront la décision de déménager au sud de l’Espagne. D’accord, à entendre Vio, ça paraît improbable mais on n’est jamais à l’abri d’une surprise, hein ?
Mon amie sampi et moi avons grandi dans le même genre d’environnement et on se comprenait donc assez bien. On avait ris ensemble en se remémorant nos escapades et les jeux qu’on s’inventait dehors, gagnées par un peu de nostalgie. « Je suis contente d’être enfin indépendante mais ce temps-là me manque. » Je haussai les épaules, sachant pertinemment bien que je ne pourrai jamais y revenir. La conversation redevint enjouée lorsque l’on commença à évoquer nos souvenirs de vacances. « Avec moi, vous seriez partis pour des jours entiers vu le nombre de fois où je me serais perdue… ! Ce genre de bêtise a sûrement dû vous rapprocher et vous rendre plus complices… » J’aurai adoré avoir des frères et sœurs et c’était un des principaux regrets de mon enfance. J’explosai de rire en entendant sa réaction. « J’avoue que c’est difficile de faire pire en matière de catastrophe ! » Je savais que j’étais imbattable lorsqu’il s’agit d’être ridicule ou de se mettre dans des situations bizarres. « Au moins, j’ai compris assez vite que je n’étais pas au bon endroit parce que je connaissais déjà l’aéroport de New York et que celui-là était complètement différent. J’ai paniqué un peu, bien sûr, parce que j’avais peur de rester coincée là-bas et de me retrouver seule…Mais après, j’ai repris mon calme et j’ai téléphoné à mon père pour lui expliquer la situation. Il a du venir me chercher, qu’est ce qu’il aurait pu faire d’autre ? Et moi, je me suis achetée une tonne de magazines que j’ai lu plusieurs fois en attendant. » Je souriais toujours, me rappelant parfaitement de cette journée, comme si tout cela avait eu lieu la veille.
Qui dit souvenirs de vacances dit projets de vacances. Avec Violet, on avait un peu parlé des endroits qu’on aimerait visiter et de ceux qui nous faisaient rêver. « Ah, je vois, tu aimes plutôt les pays nordiques…C’est vrai qu’ils sont beaux aussi mais j’aurai un peu peur de geler sur place ! Enfin, ce sont des expériences à tenter…Je n’ai jamais fait de ski, je ne suis même jamais allée à la montagne ! Alors maintenant que tu m’en parles, ça me donne envie d’y aller…» Je souris tout en me demandant si je ne devrais pas reconsidérer mes projets pour les prochaines vacances. « Oui, les pays chauds aussi donnent envie…On ne s’en sortira jamais, je crois, il faudrait qu’on puisse faire un tour du monde ! » Après tout, c’est le rêve de beaucoup de gens et même s’ils sont peu à le réaliser, il y en a qui y arrivent. Pourquoi pas nous ? « Ahah ! On rêve de tous ces pays mais si ça se fait, on va se retrouver le jour des grandes vacances à ne vouloir rien faire d’autre que dormir et glander devant notre ordinateur, un sachet de chips à portée de mains… » Me connaissant, ce n’était pas du tout impossible. « Enfin, on verra bien le moment venu. En attendant, on a nos cours à étudier et nos examens à passer. C’est nettement moins amusant mais personnellement, si je ne réussis pas mon année, je sais très bien que je ne passerai pas de bonnes vacances… »
Invité
Invité
California Dreamin'
• • • •
Sujet: Re: Keep calm, stay legendary || Violet Mar 17 Jan - 22:09
J’étais quelqu’un de très organisée et je ne laissais jamais rien au hasard. Prendre ces deux emplois étaient certes une nécessité mais j’y avais tout de même bien réfléchit. J’avais réussis à m’arranger de sortes qu’ils ne m’empêchent pas d’étudier et me laisse suffisamment de temps libre pour sortir. Certaines journées étaient parfois un vrai parcours du combattant, tout était millimétré et je courrais partout. Mais j’aimais les défis et même si j’étais crevée après une journée comme ça, j’avais toujours la satisfaction d’avoir réussi à faire tout ce que je voulais. En plus j’avais la chance d’être une assez bonne élève. J’ai toujours eut soif d’apprendre, surtout lorsque les cours me passionnent ce qui fait que j’apprends très vite. Contrairement à d’autres je n’ai pas besoin de rester des heures entières à bosser mes cours, il me suffit de les lire une fois et hop, c’est imprimé. C’est un véritable avantage et un gain de temps considérable. Du coup, travailler à la boutique ne me posait aucun problème. Et comme l’avait souligné Effy, j’avais déniché des jobs en or. En rigolant elle me fit remarquer qu’elle ferait appelle à mes talents le jour où elle souhaiterait travailler. J’avais eu beaucoup de chance sur ce coup-là, et je n’étais pas sûr de pouvoir retrouver aussi bien mais je me ferais évidemment un plaisir de l’aider si elle en avait besoin.
Je sortis un petit calepin sur lequel j’inscrivis l’adresse de la boutique. Effy souhaitait m’y rendre visite et j’adorais cette idée. Il n’y avait pas toujours beaucoup de monde et lorsque la boutique restait déserte les après-midi étaient vraiment très longues. Et puis se serait amusant de lui faire visiter les lieux. Je déchirai la page et la lui tendit en souriant. «Vient plutôt le vendredi en fin d’après-midi, il n’y a jamais personne »
Je lui souris avant de replonger dans mes souvenirs de vacances, nous étions toutes deux très nostalgiques quant à notre enfance et je comprenais tout à fait la jeune femme lorsqu’elle me fit part de sa crainte d’entrée dans la vie active. Ça avait un petit quelque chose d’assez effrayant sans doute à cause de tout cet inconnu. Jusque-là nous n’avions qu’à nous préoccuper de notre emploi du temps et faire nos devoirs en temps et en heure mais d’ici quelques années, après avoir obtenu notre fameux diplôme, tout serait différent. Il nous faudra recommencer une « nouvelle vie ». Trouver un travail pour pouvoir vivre, peut être partir on ne sait où, se faire de nouveaux amis, prendre de nouvelles habitudes… En y pensant c’était vraiment angoissant et c’est pourquoi nous préférions parler de sujet plus plaisant comme nos vacances par exemple.
« Ah, je vois, tu aimes plutôt les pays nordiques…C’est vrai qu’ils sont beaux aussi mais j’aurai un peu peur de geler sur place ! Enfin, ce sont des expériences à tenter…Je n’ai jamais fait de ski, je ne suis même jamais allée à la montagne ! Alors maintenant que tu m’en parles, ça me donne envie d’y aller… Mais les pays chauds aussi donnent envie…On ne s’en sortira jamais, je crois, il faudrait qu’on puisse faire un tour du monde ! »
J’aimais l’idée du tour du monde même si c’était difficilement réalisable voir même totalement impossible. Je rêvais de pouvoir voyager dans tous les pays possibles et inimaginables… Partir en randonnée dans les étendues sauvages d’argentine, faire l’ascension de dunes de sables dans le désert à dos de chameaux, faire un safari en Afrique, escalader la tour Eiffel, bronzer tout en sirotant des cocktails sur une plage tahitienne, traverser l’Alaska en chien de traineau, faire du ski dans les alpes, traverser les steppes mongoliennes à cheval, se baigner dans les sources d’eau chaudes en Islande, aller manger des pates en Italie et tant d’autres… Alors que je m’égarais dans mes pensées, mon amie me ramena à la raison : « Enfin, on verra bien le moment venu. En attendant, on a nos cours à étudier et nos examens à passer. C’est nettement moins amusant mais personnellement, si je ne réussis pas mon année, je sais très bien que je ne passerai pas de bonnes vacances… »
En une fraction de secondes tous mes rêves s’envolèrent. Les vacances étaient encore bien loin mais en revanche les examens arrivaient à grand pas et nous étions surchargées de devoirs. Et en parlant de devoirs, il me restait toujours ma maquette à terminer. Je n’en avais pas pour long, mais je préférais ne pas la finir trop tard au cas où il y aurait un problème. J’étais toujours très prévoyante, surtout quand l’enjeu était aussi important. Je regardais mon amie d’un air désolée.
« Argh, pourquoi tu me fais penser à ça ! Maintenant je culpabilise de ne pas encore avoir fini ma maquette et je me sens obligée de rentrer. » Je soupirais tout en cherchant la motivation de quitter ce petit coin de paradis. On était si bien là, toutes les deux à papoter de tout et de rien. C’était d’ailleurs étonnant comme le temps pouvait passer vite lorsqu’on s’amuse, si seulement ça pouvait être pareil avec les cours. Enfin bref, toutes les bonnes choses ont une fin.
« Bon allé, je me sauve. Je te laisse les bonbons, je sais que t’en feras bon usage » Je me mis à rire avant d’aller enlacer mon amie. « Bon courage pour ton boulot et je te tiens au courant pour vendredi. » Je lui souris avant de tourner les talons. J’avais le cœur gros. Je n’avais pas vu Effy depuis longtemps, mais cette après-midi passée avec elle m’avait rappelé combien elle m’avait manqué. J’avais l’impression qu’elle me comprenait mieux que quiconque ici et je me sentais nostalgique de devoir partir dès maintenant. J’espérais pouvoir la revoir bientôt…
Je repartis en direction de la bâtisse des sampis un sourire aux lèvres.
▬ En la regardant rire et fredonner de vieilles chansons, il avait eu la certitude que c'était elle : la femme auprès de qui il voulait vivre pour toujours. Celle qu'il saurait protéger et qui le protégerait à son tour comme si le ciel avait envoyé un ange pour l'arracher à ses tourments.; cameron & reagan;; cameagan .♥.