⊰ sexe : ⊰ on m'appelle : Marie. ⊰ commencement le : 03/08/2010 ⊰ date de naissance : 15/10/1993 ⊰ âge : 18 ⊰ messages : 497 ⊰ topic : close, mp. ⊰ âge : 21 ans ⊰ avatar : blake lively.
Sujet: this is war...or just a typical catfight Ҩ alaska&autumn. Mar 27 Déc - 20:50
Can anyone see me down here ? There’s nothing left to lift me up. La chute semblait infinie. Depuis le temps, sa vie devrait s’être imprégnée, au fond, elle devrait y être habituée, à cette sensation de vertige, de spirale interminable, direction les enfers, la destination première pour les personnes comme elle. Cependant, chaque matin, chaque réveil, chaque inconnu retrouvé coincé au milieu des draps, arborait cet éternel sourire triomphant qui, d’une certaine façon, sans même comprendre pourquoi ni comment, lui brisait le cœur. Comme d’habitude, elle attendait le prochain coup de fil, le prochain texto l’informant de the place to be le soir, la prochaine soirée, énième occasion de vivre en pleine décadence. Comme d’habitude. On n’échappe pas à soi-même, peu importe de quelle façon on essaye de le faire. Cette année s’annonçait plus difficile encore, les histoires terribles de l’année précédente, les mots prononcés par son adorable petit prince lors de leur dernière rencontre résonnaient encore dans son esprit, comme s’il se trouvait présentement devant elle, à les prononcer, à l’entraîner malgré lui dans son cauchemar. Le monde semblait avoir perdu de son éclat, les personnes se ternissaient au fur et à mesure, les sourires semblaient moins éclatants, le monde sombrait lentement dans le chaos, ou était-ce simplement elle qui s’effondrait lentement sans s’en rendre trop compte, sans même faire un geste pour s’arrêter. Oh, ce besoin de s’en aller, de s’échapper, dans l’alcool, les drogues, les éternelles mêmes conneries de l’université la plus réputée de Californie.
Elle roulait trop vite, beaucoup trop vite. La fenêtre ouverte, en plus, alors qu’un vent glacial traînait dehors, faisant frissonner dans leurs lourds manteaux les quelques passants. Pourtant, elle s’en fichait, comme de tout d’ailleurs. La vie était tellement plus simple lorsque l’on se contentait de vivre, simplement, sans chercher les complications. Madame se fait philosophe, madame a sans doute descendu une mignonnette de vodka parmi les quelques éternelles coincées dans son sac à main gisant à ses côtés, à moitié éventré sur le siège passager de sa Porsche. La nuit tombait tout doucement, alors qu’il n’était même pas plus de vingt-heures, les passants se faisaient rares, mais, côté circulation, il y avait foule au sud de San Francisco. Les lumières des véhicules, additionnées à celles des réverbères alignés le long de l’avenue, aveuglaient presque la jeune femme. Comme si c’était cela qui la faisait conduire comme un pied, comme une folle, dépassant à tout va, manquant à plusieurs reprises de créer un carambolage monstre, mettant en danger la vie de deux malheureux piétons en grande discussion, agitant les bras dans tous les sens. Les pauvres n’avaient qu’à regarder où ils allaient, au lieu de se raconter leurs vies oh combien passionnantes. S’ils vivaient à la place de la demoiselle au volant de sa Porsche, ils ne discuteraient pas ainsi mais fonceraient comme elle, direction le port.
The place to be, ce soir, c’était le port. Une soirée, oui, encore une, organisée sur l’un des somptueux yachts s’alignant le long de l’eau. Tenue classe de rigueur, large sourire et décolleté plongeant passerait parfaitement, la jeune Rowen-Glaswell intégrerait la soirée privée sans aucun problème. Garant sa voiture à un emplacement explicitement marqué « stationnement interdit », couldn’t care less. Puis, elle claqua la porte derrière elle, et se dirigea vers les yachts dont les lumières éclairaient l’océan noir d’encre, derrière eux. Le froid glacial lui mordait les joues, le vent lui giflait le visage, la glaçait, pourtant elle ne prit pas la peine de récupérer sa veste dans sa voiture, à quelques mètres d’elle à peine. Elle ne pensa pas une seconde à faire demi-tour pour changer pour une tenue un peu plus habillée, oh non. Sa mini robe blanche, son tout aussi petit gilet noir simplement posé sur ses épaules, ses talons vertigineux claquant sur le macadam, n’étaient pas la tenue des plus appropriée pour se balader ainsi là où le vent soufflait le plus violemment. Peu importe. Le yacht ne se trouvait pas si loin que cela, elle pouvait parfaitement marcher jusque là, savourant l’air glacé lui emplissant les poumons, résistant à l’envie subite de se déshabiller et de plonger dans l’océan. Plus tard, oh, cela viendrait plus tard, et pas de la façon dont elle l’imaginait en cet instant précis. Les yeux rivés sur son Blackberry, la jeune femme tapait furieusement sur les petites touches, laissant ses doigts courir d’une lettre à l’autre, souhaitant plus que tout que cette soirée en vaille la peine.
Le port était désert, le vent semblait s’être calmé. On aurait pu y voir un signe annonciateur, le calme avant le retour de la tempête. Cependant, Autumn n’y voyait rien, obnubilée par ses propres pensées tournant dans son esprit à une vitesse qu’elle ne parvenait pas à suivre, paroles s’entrechoquant, souvenirs, histoires non résolues, quelques flashbacks assez violents de sa dernière gueule de bois où, apparemment, elle s’était sans complexes dévoilée à moitié nue sur le comptoir d’un bar. Décidément, l’histoire se terminait toujours en catastrophe. Il n’y avait pas de raison d’ailleurs que cette soirée fasse exception à la règle. Enfin, quelques minutes de plus, et le yacht fut en vue. Somptueux, en effet, et surtout immense. A ses côtés, les autres paraissaient minuscules, prêts à se faire écraser par cette énorme masse flottante sur l’eau. Evidemment, elle passa. Elle le savait, depuis le début. Un sourire, un décolleté, ses jambes interminables, le tout additionné et envoyé en direction de l’un des massifs gardiens au bord du petit ponton menant à l’intérieur du yacht, et bam, invitation envoyée, montrée, validée, porte grande ouverte. Très vite, la blondinette se retrouva entourée d’une cinquantaine de personnes se bousculant pour accéder à l’étage supérieur de l’immense bâtiment, dansant au rythme de la musique tendance du moment, faisant valser leurs boissons sur la moquette aux tons pêche. Soirée sélect, cependant l’ambiance ne changeait pas plus de toutes les autres soirées que la jeune Rowen-Glaswell avait fréquentée ; ici, les personnes avaient simplement toutes des portes-monnaies bien fournis et des tenues aussi chères qu’une voiture. Il était encore très tôt, pourtant tout le monde semblait être là depuis des heures, qui sait, des jours même, trop occupés à danser, impossibles à arrêter. Quelques minutes, quelques heures, qui sait, s’écoulèrent, quelques verres aussi descendirent au fond du gosier de la jeune femme, lui brûlant de plus en plus violemment l’œsophage. Cependant, alors qu’elle sortait, tout en discutant avec un beau mâle en costard-cravate qui avait dors et déjà collé sa main sur sa cuisse, une cigarette de son paquet, le jeune homme lui lança un regard désapprobateur. Il était sérieux ? La moitié des gens renversaient de l’alcool sur sa belle moquette -évidemment, c’était le propriétaire du yacht, vous croyez que Autumn se contente des petits serveurs ?- et il ne voulait pas qu’elle fume à l’intérieur ? Poussant un soupir exaspéré, la jeune femme se leva du canapé et se fraya un chemin jusqu’à l’extérieur. A nouveau, frisson glacial, ayant laissé son fin gilet à l’intérieur, elle trembla quelques secondes avant de se ressaisir. Prenant pied sur la terre ferme, elle prit une longue, interminable bouffée de sa cigarette, tout en faisant les cent pas afin de se réchauffer. Faisant pour l’ énième fois demi-tour, elle n’aperçut qu’à la dernière seconde la personne sur laquelle elle fonçait. Choc, bousculade, elle laissa tomber sa cigarette qui roula et s’écrasa dans l’océan, juste à un mètre d’elle. « Merde, tu peux pas faire gaffe ?! » Levant les yeux, furieuse, alcoolisée après à peine quelques verres, elle fronça les sourcils à la silhouette se dressant devant elle. Silhouette familière, très familière même. Elle mit quelques instants à réorganiser ses pensées, avant de comprendre qui se dressait devant elle. Alors que les souvenirs la submergeaient à nouveau, ses lèvres maquillées s’entrouvrirent en un O parfait. Tiens, tiens. La soirée commençait à révéler son lot de surprises. Et c’était loin d’être terminé.
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Sujet: Re: this is war...or just a typical catfight Ҩ alaska&autumn. Ven 30 Déc - 22:41
Ô douce nuit qu’on aurait aimé passer dans sa chambre au chaud sous une couverture à siroter quelques sodas et quelques cocktails devant un bon film et accompagnés de rires de quelques copines prête à vous tenir compagnie pour des heures et des heures. Tout ceci pouvant faire penser à une soirée pyjama d’adolescente n’était en rien dans les plans de Alaska. En premier lieu parce qu’elle n’avait pas trois tonnes d’amies, en second parce qu’elle n’aimait pas devoir parler d’elle or lors de ces soirées aucun secret ne devait être gardé et en troisième lieu parce que son cher père l’avait convié –que dis-je- obligé à se rendre à une énième soirée mondaine. Elle avait cru rêver en recevant ce mail de sa part le matin même, de un parce que son père avait bien du mal avec la technologie ensuite parce qu’en début de moi elle s’était rendue à un gala organisé par son paternel en personne et la soirée avait été un parfait désastre en grande partie par sa faute. Son père avait voulu lui trouver un cavalier, craignant qu’il essaye encore de la maquer avec un riche détestable elle avait invité à la dernière minute l’un de ses amis disons plutôt « pauvre » , le résultat ne s’était pas fait attendre, son costume n’était pas de grande marque, il détestait tous les plats et ce jusqu’au caviar et il avait fait sans le vouloir des remarques déplacés aux plus riches de la ville. Elle avait cru que le cœur de son pauvre père allait s’arrêter alors qu’il ordonnait à sa fille de quitter le gala en emportant avec elle son précieux cavalier. Depuis les relations qu’elle avait avec son père était tendues et c’est pour cela que cette invitation l’avait surprise. Mais elle ne pouvait pas la décliner ou son père lui en voudrait pour de bon. Pour Alaska la famille était primordiale, elle avait déjà perdu son frère il était hors de question qu’elle brise le lien avec son père. Caressant l’invitation du bout des doigts elle lâcha un profond soupire. Les soirées mondaines c’était absolument tout ce qu’elle détestait, elle s’ennuyait toujours à mourir lors de ces soirées ou alors elle buvait une coupe de champagne de trop et elle faisait une méga bourde et ensuite tout le monde murmurait sur son passage et elle détestait cela. Mais aucun caprice ne serait fait ce soir, aucune erreur de sa part n’arriverait, elle se tiendrait à carreau et elle serait la plus gentille possible pour arranger les relations avec papa.
Vêtue d’une sublime robe bleue nuit, les cheveux attachés en un chignon négligé elle avait tout d’une Jasmine des temps modernes excepté le Aladin qui manquait au tableau idyllique. Ô douce utopie qu’un jour espérer trouver son prince. En attendant elle devait aller à ces soirées barbantes seule et donc se faire draguer par des riches de tout âge. Le pire restait tout de même ceux de quatre-vingts ans au dentier mal accroché trop saoul pour tenir correctement debout. Elle en grimaçait d’avance, n’ayant plus droit à l’erreur, elle allait devoir sourire et rire aux blagues de ces vieux pervers comme si leur humour égalait celui de Gad Elmaleh. Elle descendit les marches de la maison epsilon à pas de loup pour ne pas alarmer la population et aussi pour ne pas risquer de glisser sur une marche et d’arriver en bas en ayant descendu les escaliers sur les fesses. Elle parlait par expérience avec d’aussi hauts talons cela lui était déjà arrivée plusieurs fois, pourtant elle n’était pas non plus la plus maladroite du monde. Elle entendit un sifflement et manqua de rater la dernière marche, elle se retint de peu à la rambarde de l’escalier et tourna la tête en direction du bruit strident. Il ne venait que d’un epsilon lambda sans aucune importance qui lui souriait désormais malicieusement. Il ne comprenait donc pas qu’elle n’était en rien intéressée par sa personne et que ceci ne changerait certainement pas en la sifflant comme si elle était un vulgaire clébard. Après un juron lâché entre les dents, elle prit la porte et sortit là où son taxi l’attendait dans l’allée. A vrai dire la voiture était une limousine et non pas un simple « taxi » parce qu’elle ne pouvait décemment pas arriver devant les autres invités dans une voiture ayant la même couleur que celle de oui-oui. Dans la voiture elle pensait à cette soirée, au mauvais pressentiment qu’elle avait et à l’envie incontrôlable qu’elle allait avoir de prendre un verre de trop et de balancer des paroles incohérentes à tout va. Elle avait en ce moment le besoin de faire son enfant, comme si elle devait rattraper la partie de sa vie qu’elle avait manqué à pleurer la mort de son frère.
Le chauffeur arrêta la voiture sur le ponton, devant le paquebot. Du coin de l’œil elle aperçue quelques personnes qui étaient présentes au gala précédent, la faisant pester intérieurement. Elle n’avait qu’une envie demander à son chauffeur de la ramener à son domicile et de s’enfoncer sous la couette pour y relire ses cours sur la guerre de cent ans. Les cours, à défaut d’avoir une vie sociable développée elle les avait. Elle en était arrivée au point qu’elle n’osait plus sortir avec le grand public de dire une bourde ou de faire une maladresse. Les riches se comportaient tellement comme des bougres parfois, elle était certaine que la moitié lui en voulait encore de son erreur du début de mois. Elle sortit prendre l’air un instant et contempla le paquebot avant de monter sur ce dernier. Elle le voyait comme le Titanic, cette soirée allait être un échec. Sortant une cigarette, elle la savoura comme si c’était la dernière, elle n’était pas certaine d’avoir le droit de fumer une fois à bord, elle s’en donnait donc à cœur joie dès présent. Jetant sa cigarette à l’endroit adéquate après avoir tiré sa dernière taffe, elle monta à bord du bolide escorter par un homme en costard certainement payé pour. A bord rien de bien original, si ce n’est un nombre inimaginable de lumières donnant à cette nuit un air romantique déplacé. Il ne faisait pas très froid, probablement parce qu’un système de chauffage avait été mis en place. Alors qu’elle attrapait sa première coupe de champagne elle se demandait si et quand leur paquebot allait faire un tour en mer. Non pas qu’elle craignait particulièrement la noyade mais elle craignait d’avoir bien vite un mal de mer si celui-ci se mettait en marche, tout comme les ascenseurs elle avait l’habitude d’éviter les bateaux. Elle attrapa rapidement une seconde coupe et puis une troisième pour arriver à supporter l’odeur désagréable du whisky émergeant de la bouche du monsieur qui lui parlait de son club qu’il tenait dans San Francisco. Un club très réputé lui affirma-t-il alors qu’il lui tendait une carte de membre VIP. Elle n’en avait que faire de son club mais elle attrapa la carte pour qu’il lui fiche la paix. Elle s’en alla ensuite à un autre bout de ce bateau en tentant d’éviter les vieux lourds qui la dévorait du regard.
C’est en voulant attraper une quatrième coupe de champagne malgré que les trois précédentes la rendaient nauséeuse, qu’elle se cogna contre quelqu’un. Elle n’eut pas eu le temps de s’excuser que déjà une voix lui hurlait dessus. Reprenant ses esprits elle eut la désagréable vision de voir en chair et en os cette chère Autumn. A en croire ses quelques mots, elle n’avait pas l’air d’avoir beaucoup changé depuis le temps, malheureusement. « Je te prierai de me parler sur un autre ton. » Elle n’ajouta pas l’insulte qui lui brûlait les lèvres, sentant que ce n’était pas le moment d’envenimer la situation bien que personne ne semblait faire attention aux deux filles et qu’elle aurait bien pu la trainer de chienne pour ponctuer sa phrase. Elle vouait une haine sans pareille à cette blondasse de pacotille qui ne méritait pas les attentions qu’on lui portait. Elle devait rester polie avec elle, ses parents étant amis avec les siens, mais c’était plus fort qu’elle. Elle revoyait ce pauvre Eliott fout amoureux de sa belle blonde de copine, et puis elle la revoyait embrassant à pleine bouche un parisien après quelques verres de trop. Aujourd’hui son frère était mort et cette garce devait vivre sa vie bien tranquillement. « Tu as une mine affreuse, je crois que tu assez bu pour ce soir l’alcoolique. » Ses quelques paroles lui avaient échappées mais elle n’était pas mécontente de lui avoir dis, de plus elles n’étaient pas totalement fausses. Elle avait l’air d’être déjà saoul alors que la soirée venait à peine de commencer. Le bateau tangua quelques secondes et il commença à prendre le large. Alaska du s’accrocher à la rambarde du bateau pour ne pas tomber. Super, comme cela si la blonde lui tapait trop sur les nerfs elle l’enverrait faire un tour du coté des poissons. « N’as-tu pas envie de plonger et de dire bonsoir à némo ? » Railla-t-elle alors qu’elle sirotait du bout des lèvres une nouvelle coupe aromatisée à la cerise.
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Sujet: Re: this is war...or just a typical catfight Ҩ alaska&autumn. Dim 15 Jan - 15:18
Ne pouvait-elle donc jamais avoir un instant de répit ? Depuis des jours, des mois même, elle se laissait emporter, vivait dans l’instant, laissait tout, les événements, les personnes, venir à elle au lieu de se précipiter pour ne pas les laisser s’échapper. Elle était en train de foirer son année, et, au fond, ça la tuait, elle qui avait toujours besoin de se sentir supérieure aux autres, la meilleure dans tout et n’importe quoi, celle qui était excellente en cours alors qu’elle n’ouvrait jamais un foutu bouquin de sa vie. Une sorte de Spencer Hastings, en plus, beaucoup plus trash, en vérité. Cette soirée était l’un des moyens de laisser, encore une fois, tout en plan derrière elle, d’échapper à ses souvenirs, à cette vie, à cette confusion de sentiments qui la poursuivait. Monter dans un bateau sans permission, boire quelques verres de champagne, flirter avec quelques hommes sexy, et même avec les plus moches, juste histoire de les voir s’écrouler, voir leurs cœurs se briser en un million de morceaux lorsque sa voix mélodieuse leur annonce enfin qu’elle n’est pas intéressée, qu’elle ne voudrait même pas dans une centaine d’années toucher ce verre de champagne qu’il tend de ses doigts véreux. Eurk. C’était tout ce qu’elle désirait, depuis le début de la soirée, depuis le début de l’année scolaire. S’amuser. Elle ne pouvait pas mourir demain, subitement, sans avoir couché avec quelqu’un, sans avoir dansé comme une hystérique, sans s’être complètement laissée aller sans peur des conséquences. Mais, apparemment, le destin, Dieu, ou un débile qui regardait chacun de ses mouvements depuis un endroit inconnu, en avait décidé autrement. Une rencontre avec son passé. « Seems like everywhere i got, whatever i do, my past is following me ». Le passé semblait toujours lui coller à la peau, surtout celui qu’elle désirait oublier, et n’attendait qu’une chose : foutre en l’air le présent.
Alors qu’elle réalisait qui était ce fantôme qui se tenait devant elle, cette fille qu’elle avait toujours détesté, les souvenirs commencèrent peu à peu à l’atteindre, lui donnant le vertige. Pays étranger, garçon, larmes, cri, haine profonde, avion, souvenirs flous et confus qui se mélangeaient dans sa tête. C’était un garçon, évidemment. Qui d’autre pouvait gâcher une relation entre deux filles qui se connaissaient à peine ?
23 Juillet 2008. 11 p.m.
La nuit commençait doucement à envelopper les immeubles de son voile noir, et les étudiants excités par la perspective d’une énième soirée sortaient des bâtiments, les yeux déjà rougis, éclats de rire collés à leurs visages dorés par un halo de lune. Une blondinette, collée au bras d’un espagnol, les yeux rivés droit devant elle, avait le cœur qui battait la chamade. Une énième soirée, rien ne la réjouissait plus. Elle avait à son bras l’un des plus beaux mecs de toute la ville, et c’était elle, Autumn Rowen-Glaswell, qui avait réussi à l’attraper entre ses griffes vernies d’une couleur corail. Magnifique, parfait. Le jeune homme à ses côtés discutait gaiement, mais elle ne l’écoutait même pas, les yeux rivés sur un groupe de garçons qui tiraient de longues bouffées de leurs cigarettes devant la boite de nuit. Alors qu’ils passèrent devant eux pour entrer, Autumn agita ses boucles blondes d’un mouvement ample, leur lança un large sourire. Sympa, ces garçons, dis donc.
24 Juillet 2008. 2 a.m.
Tout semblait flou autour d’elle. Ses éclats de rire étaient hystériques, à présent. Elle savait qu’elle avait dépassé la limite depuis longtemps ; pourtant, attrapant la paille dans son verre, elle le termina vivement. L’alcool circulait dans ses veines, elle ne savait même pas où était Eliott. Elle ne savait même pas qui était le jeune homme installé à sa place, devant elle, prononçant des mots en français incompréhensibles et glissant subrepticement sa main le long de la cuisse d’Autumn, dévoilée légèrement grâce à sa fine robe bleue. Oh, et puis merde, qu’Est-ce qu’elle en avait à foutre, de tout ça ? Elle était jeune, Young and free, elle voulait juste s’amuser. Avec l’âge, cela n’allait pas beaucoup changer. Lorsque l’inconnu en face d’elle se pencha, elle avait perdu toute notion du temps, de l’espace, des personnes qui étaient autour d’elle. Il n’y avait que ces lèvres au goût épicé qui se posaient sur les siennes, et ce sentiment euphorique qui la prenait toujours lorsqu’elle avait trop bu ou qu’elle savait qu’elle franchissait les limites. Il n’y avait que ça. Pas de place pour la raison, pas de place pour Eliott. Juste assez de place pour savoir qu’il y avait, quelque part en ce monde, des hommes qui la désiraient.
Le bateau tangua, la sortant de ses souvenirs. Levant les yeux vers l‘importune, la jeune femme se prépara à la multitude d’insultes, de méchancetés et d’allusions amères au frère d’Alaska, celui qu’elle avait trahi, trompé, des années plus tôt. Oh, come on, get over it, elle était jeune, ce n’était qu’une histoire bancale, comme toutes les autres, d’ailleurs. Comme si elle n’avait jamais fait de conneries de ce genre. Un large sourire traversa son visage alors que la brune prenait la parole. Game is on. Prenant un air exaspéré, la jeune femme s’appuya sur la rambarde du bateau, esquissa un sourire à la seule compagnie masculine qui passa devant elles, puis reporta son attention sur Alaska. Aussi froide que son prénom, celle-là. « Je te parlerais comme bon me semble. » Catching Fire. La brune ne savait sans doute pas ce qui arrivait, si elle commençait à jouer avec le feu. C’était une simple allumette, qu’elle grattait, provocante, cependant elle ignorait tout de la personne à qui elle s’adressait ainsi. Autumn n’avait pas envie de se battre, tout ce qu’elle désirait, c’était de fumer sa clope, rentrer, flirter avec l’homme le plus beau de tout l’équipage. Mais c’était tombé à l’eau…littéralement. A cause de celle-là, qui se prenait pour ce qu’elle n’était pas, qui semblait prête à la jeter à l’eau alors qu’elle la connaissait à peine. Il y avait quelque chose d’étrange, dans son regard, une mélancolie que Autumn ne parvenait pas à distinguer. Si seulement elle savait. Un rire moqueur s’échappa d’entre ses lèvres. « Alcoolique, moi ? Tu oublies laquelle de nous deux a un verre en main. Répondit-elle, posant ses yeux sur la coupe de champagne d’Alaska. Tu devrais te regarder dans un miroir, ma pauvre ; de nous deux, c’est bien toi qui a la pire mine. » Petites piques innocentes, rien de bien méchant; cependant la blondinette ne pouvait s’empêcher de sentir que le pire était à venir. Alors même que l’idée de balancer Alaska par-dessus bord, histoire d’avoir la paix, lui traversa l’esprit ; cette dernière fit la même remarque. « Si tu continues comme ça, c’est toi qui va aller retrouver les poissons, ma belle, dit-elle, poussant un profond soupir. Un serveur affublé d’un plateau de coupes de champagne emplies à ras-bord passa à leurs côtés. Bien qu’Autumn sentit qu’elle n’était pas prête à gagner la bataille sans une seule goutte d’alcool de plus dans les veines, elle retint son geste. A ses côtés, Alaska ne bougeait pas, son verre en main, la dévisageant toujours. Surement préparant sa prochaine insulte. L’énervement la gagna, se propagea en elle telle une traînée de poudre et, en une fraction de seconde, la blondinette lui cracha au visage sa rancœur. Okay, c’est quoi ton putain de problème, la brune ? Tu sais comme moi qu’on s’est jamais entendues, alors pourquoi tu te la fermes pas, tu me laisses fumer ma clope en paix, et tu vas juste te faire foutre ? » Enervée, la blonde, à peine. Elle sentait bien que quelque chose clochait, pourtant, elle ne parvenait à mettre la main dessus, ce qui avait le don de l’agacer encore plus que ne le faisait déjà Alaska. Il y avait quelque chose dont elle ignorait tout…something big.
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Sujet: Re: this is war...or just a typical catfight Ҩ alaska&autumn. Ven 27 Jan - 22:20
Était-ce donc trop demandé de passer une soirée tranquille, sur un bateau, en sirotant des coupes de champagne tout en faisant plaisir à son père ? Elle n'avait pas voulu venir à cette énième soirée mondaine, parce qu'elle commençait à les trouver vraiment trop ressemblante et ennuyeuse, sans compter qu'elle ne connaissait personne mais qu'elle avait l'impression que tout le monde la connaissait. A vrai dire, c'était probablement le cas, étant une héritière Valdès, elle avait fait la couverture de Forbes plus d'une fois, sans vraiment l'avoir voulu. Elle avait ensuite fait la couverture d'autres magazines où on l'a voyait pleurer son frère. Elle n'avait rien fait dans sa vie qui méritait un tel engouement pour sa personne si ce n'est le fait d'être née riche. Elle ne voyait pas trop en quoi elle était essentielle pour le bon déroulement de cette soirée, d'autant qu'elle s'était faufilée à l'arrière du paquebot pour pouvoir se retrouver seule. Ce n'était pas en étant obligée de passer la soirée avec de vieux croûtons qu'elle allait retrouver sa joie de vivre. Tous ces vieux riches l'emmerdaient clairement, encore plus lorsqu'ils faisaient part de leurs condoléances à propos de Eliott, quatre années après sa disparition. Leurs fausses compassions avec le dont de la mettre en rogne. Or, elle ne pouvait pas leur dire d'aller se faire foutre, car son père lui avait ordonné de se tenir pour une fois à carreau. Il est vrai qu'elle se prêtait un peu trop à la boisson en soirée, pour passer le temps et ainsi fuir l'ennui mortel et qu'elle avait ensuite tendance à dire les quatre vérités aux personnes l'entourant. Well, l’honnêteté est vertu. Elle avait envie de rire en repensant à sa dernière soirée de gala où elle avait amenée avec elle, l'un de ses amis disons non habitué à ce genre de milieu social. Il avait été mal à l'aise toute la soirée et avait commis des erreurs « impardonnables » pour mon père. Il avait en effet jurer devant deux vieux coincés, sortis une blague carambar et finit la soirée en crachant son verre de champagne sur la robe d'une pète-sec. Alaska avait passé sa soirée à rire, alors que papa Valdès avait passé sa soirée à froncer les sourcils. Pour finir, il lui en avait voulu et lui en voulait encore d'avoir ruiné sa soirée en amenant ce « clown » avec elle. Elle était donc venue ce soir sans broncher, parce qu'elle sentait une tension persistante avec son père et qu'elle n'aimait pas se disputer avec des membres de sa famille. Elle se disait que si elle passait sa soirée seule à boire du champagne, elle ne ferait de mal à personne et ne causerait pas de nouveaux soucis à son père, dans le pire des cas elle se tordrait la cheville perchée du haut de ses talons de quinze centimètres, mais la réputation à propos de la famille Valdès ne serait pas une fois encore touchée.
Oui mais c'était sans compter le fait qu'une saleté de blondasse se trouve être sur le même paquebot, à la même soirée, la même date. Elle la détestait, plus que tout. Elle était à ses yeux la caricature même de la pauvre petite fille riche auquel le moindre estime s'en était allé de sa personne. Elle entendait chaque jour de vilaines rumeurs sur elle, la mettant en scène dans de drôles de scénarios. Elle qui d'habitude ne prêtait aucune oreille aux mauvaises langues, elle se faisait une joie de sourire en écoutant la prétendus malheurs de la belle. Elles ne s'aimaient pas réciproquement, et tout ceci était à cause d'un garçon ayant eu dans leur vie en commun. Un frère pour Alaska, un amant pour Autumn. On ne pouvait même pas utiliser le terme « amoureux » parce qu'elle doutait qu'elle n'ait jamais aimé un jour son frère, elle doutait même que cette garce n'ait aimé quelqu'un d'autre qu'elle même dans sa malheureuse vie. Elle avait brisé le cœur de son défunt frère, gâcher quelques mois de sa courte vie, et fait verser quelques dizaines de larmes sur ses joues. Et tout ceci lui était bien intolérable, parce que son frère était mort et que cette garce continuait à vivre sa vie de déjantée comme bon lui semblait, avec une facilité dégueulasse. Le karma devait la frapper de plein fouet, elle ne méritait rien d'autre que de finir sa vie malheureuse et que de se tuer d'un coup de rasoir lui tranchant les veines. Alaska était d'une nature rancunière et si elle ne pouvait pas foutre en l'air sa vie, elle allait au moins foutre en l'air sa soirée. « Non tu ne le feras pas, sous peine de te prendre mon poing dans ton nez de deux mètres de longs. » Méchante ? Si peu. Autumn lui parlait mal, lui répondait mal, elle n'allait donc pas se priver de lui lancer le moindre pique à chaque fois qu'elle allait ouvrir sa bouche. Elle était connue pour être impulsive, parfait Alaska l'était aussi. Des connasses superficielles et hautaines, elle en avait détruit dans sa vie, ce n'était pas une ivrogne qui allait franchement la faire trembler. « Allons, les espagnols sont réputés pour tenir l'alcool. Je peux boire encore dix coupes de champagne avant me retrouver dans un état similaire au tien. » Et toc, pour le moment rien de bien méchant, une petite broutille, rien de plus, un échauffement. Elle se retenait de lui tirer sa longue tignasse digne d'une princesse disney. Elle se retenait de lui hurler dessus sous peine qu'un vieux vienne les séparer et qu'un nouveau scandale éclate. Mais bon sang ce que c'était dur de résister à frapper son interlocutrice, elle était certaine qu'elle ne résisterait pas à la tentation toute la soirée durant. Et soudainement une montée de rage monta en Autumn, Alaska fut surprise qu'elle craque si rapidement, à croire qu'elle pouvait être vraiment énervante lorsqu'elle s'y mettait. Elle lui fit son plus beau sourire, mais aussi le plus diabolique. Personne ou presque ne comprenait ce qu'il signifiait, si ce n'est qu'une bombe allait bientôt exploser et que c'était Alaska qui avait le contrôle sur l'engin. « Un nom. Eliott. Voilà mon problème et çà devrait être le tien également. » Articula-t-elle alors qu'elle serrait sa coupe de champagne plus fort que nécessaire. Elle ne pleurerait pas ce soir en repensant à son frère, il lui donnerait simplement la force d'être la plus garce possible qu'elle pouvait l'être. Elle n'avait qu'à contempler les traits du visage de Autumn, pour se souvenir à quel point son frère l'aimait et tenait à elle et à quel point en retour, elle se fichait éperdument de lui. Elle l'avait trompé, faute impardonnable, elle devait payer, ce soir ce serait chose faite. « Je n'ai jamais compris pourquoi il tenait à toi. A une pauvre fille juste baisable sans l'ombre d'une autre valeur. Je suppose que je n'aurai plus l'occasion de lui demander. » Elle marqua un temps d'arrêt, jetant alors son regard vers l'océan. Le bateau tanguait. Elle attendait encore quelques secondes avant de lui jeter la bombe au visage Finalement elle releva la tête, dévisagea les traits de Autumn avant de reprendre calmement la parole. « Parce que tu sais, il est mort . »