Sujet: Runaway - Feat. Chuck Mar 10 Jan 2012 - 0:21
" I was feeling sad Can't help looking back Highways flew by Run, run, run away No sense of time Want you to stay Want keep you inside "
« Monsieur Myers, vous êtes libre, votre mère à payé la caution. » Nothing good happens after 2 A.M. C’est c'qu’on dit. Rien n’arrive de bon lorsque vous trainez seul dans un bar, aux petites heures du matin, offrant des consommations à toutes les filles présentes. Évidemment, après un moment, il est inévitable que vous offriez un verre à une fille en couple, et évidemment, sous les yeux de son copain. C’est généralement à partir de ce moment que ça dégénère. J’avais un don pour me foutre dans toutes les merdes possibles et inimaginables. Surtout avec quelques verres dans le nez, ce soir n’avait pas fait exception. J’étais allé rejoindre quelques copains après les cours pour discuter du dernier cours de mécanique quantique. Nos déviâmes rapidement de notre plan d’étude, au profit de quelques bières au bar du coin. J’aurais pu partir en même temps que mes camarades, être raisonnable et me coucher tôt pour avoir tout mon esprit pour le cours de demain matin, mais non. J’avais choisis de rester au bar, ayant aperçu cette mythique créature qu’était la femme. Tout allait bien. Offre un verre, discussion insipide sur nos domaines d’études, quelques blagues merdiques et voilà, j’avais décidé qu’elle terminerait la soirée dans mes draps. Cependant, je semblais être le seul à jouir de ce lundi soir de façon totalement exagérée. Enchainant les bières et autres divers cocktails, je ne fis guère attention au départ de ladite demoiselle que j’avais ciblé quelques heures auparavant. Une de perdue, dix de retrouvée. Par contre, plus les heures s’échappèrent, plus les perles se faisant rares. Et au moment où ma montre indiquait une heure cinquante-huit du matin, je pris la décision la plus stupide de la soirée. Ne pas rentrer seul. J’offris des verres aux passantes désireuses d’écouter mes élucubrations, pour finalement poser mon choix sur la fille assise au fond de la salle. Deux verres en main, j’abordai donc la demoiselle. « T’as l’air de t’emmerder… » Elle haussa les épaules et m’adressa un sourire poli, qui, en langage féminin veut dire : Fout l’camp. Mais à cette heure, j’étais plus un boulet qu’autre chose. Je posai donc le verre sur la table devant elle et m’assied sur la chaise libre, ignorant la veste de cuir qui y était accroché. « Ça tombe bien, je m’emmerde aussi. On peut l’faire à deux si tu veux? » Arf. Mais quel con. Elle esquissa un second sourire, presque piteux envers le bouffon que je faisais de moi à ce moment. « J’attends quelqu’un. » Dit-elle, repoussant le verre vers moi. « Oh, allez, viens fumer une clope avec moi dehors, après ça, si je t’emmerde trop, j’te laisse tranquille! » Elle soupira, mi-amusée, mi-exaspérée et murmura un bref d’accord avant de se lever de sa chaise. Une fois à l’extérieur, je tendis une cigarette qu’elle refusa d’un geste de la main. « Je ne fume pas. » Une moue intriguée s’afficha alors sur mon visage, tandis que j’apposai la clope à mes lèvres. « Bah… D’accord. » J’allumai donc le morceau de tabac et voulu aborder de nouveau la demoiselle, mais une voix sombre et sérieuse s’interposa. « Tu fous quoi dehors ? » Je tourne la tête vers l’homme qui se tenait derrière moi. Il devait rentrer trois Noah dans ce monstre de muscle. J’esquissai un bref sourire narquois avant de jeter un rapide regard à la demoiselle. « Et t’es qui toi, Jersey shore ? » Mon humour ne sembla pas atteindre le géant qui croisa les bras. « C’est ma copine que tu dragues. » Une joute de coq s’engagea alors. Bien qu’il était terriblement plus grand et fort que moi, j’aimais je ne reculais devant un affrontement. Et mon orgueil me valu d’ailleurs quelques cicatrices à la lèvre, l’arcade sourcilière ainsi qu’à la joue. La joute physique fut assez brève et expéditive. C’est un policier qui nous sépara finalement, nous invitant à poursuivre notre soirée à l’arrière d’une voiture de police.
« Voici vos effets personnels. Vous pouvez appeler quelqu’un pour venir vous chercher, le téléphone est au fond de la pièce. » La dame indiqua du doigt l’emplacement du téléphone avant de retourner à ses activités bureaucratiques. À 4h du matin, la liste d’appel était bien réduite. Je décidai donc, en pleine connaissance de cause, sachant que j’allais m’en prendre plein la gueule, de composer ce numéro bien particulier. Sa voix résonna au bout du fil, alors que je ne laissai pas le temps à Charlotte de réaliser ce qu’il se passait. « Lève le nez de tes bouquins, me faut quelqu’un pour m’sortir du poste de police, je t'paye le café. » Je raccrochais directement, sans lui laisser autre option que de venir. Je savais qu’elle allait venir. Intuition masculine, probablement. Je rassemblai mes effets, puis sorti à l’extérieur, m’allumant une clope et observant le soleil timide tenté de percer la nuit. Charlotte arriva et son regard me perça à des kilomètres à la ronde. Elle n’était pas contente. Moi j’étais encore bourré et n’avait guère de sa colère. « Ah ! Enfin, y’était temps. C’est fou comment on n’peut plus s’amuser dans cette ville, une petite dispute de rien du tout et direct la nuit au poste… Où va le monde ? » D’un rictus narquois, j’écrasai ma cigarette contre le sol. Reposant mon regard sur une demoiselle bien moins encline à la rigolade que moi.